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Facebook a-t-il intérêt à se «Twitteriser»?

Temps de lecture : 2 min

Photo: Capture d'écran Facebook
Photo: Capture d'écran Facebook

Depuis quelques jours, un très petit nombre d’utilisateurs de Facebook a été choisi pour tester une nouvelle fonctionnalité du service: un bouton «s’abonner à». Celui-ci permet à un membre du réseau de recevoir des «notifications» pour toute activité en ligne d’un de ses amis sans avoir à visiter son profil.

En fait, il ne s’agirait finalement que d’une transposition de la fonction «suivre» de Twitter appliquée au plus grand réseau social au monde. La seule différence étant qu’il ne serait possible de s’abonner qu’à un de ses «amis», et non à n’importe quel utilisateur comme sur Twitter. Le site américain GigaOM explique cependant que l’idée de rendre possible l’abonnement entre membres «non-amis» a traversé l’esprit de Mark Zuckerberg ces derniers mois.

Pour l’auteur de l’article, Mathew Ingram, il est compréhensible que Facebook ne soit pas allé au bout de cette démarche: lorsque le test de la fonction «s’abonner à» a été révélé, une levée de bouclier dénonçant la mise en place d’un bouton «pour voyeurs» a inévitablement suivi, du fait que la personne suivie n’ait pas à donner son accord.

Cette divergence dans l’opinion entre le fait de trouver normal d’être suivi sur Twitter mais pas sur Facebook s’explique par la vocation originelle des deux réseaux. Le but du dernier est à la base de recréer en ligne le réseau pré-existant entre les personnes, quand celui du premier est de l’élargir en reliant des utilisateurs par une simple notion d’intérêt. En pratique, les connexions sur Facebook sont dites symétriques (je peux avoir accès aux informations de quelqu’un si lui aussi a, dans une certaine mesure, accès aux miennes) et celles sur Twitter asymétriques (la réciprocité n’est pas obligatoire).

L’entreprise de Mark Zuckerberg a-t-elle quelque chose à gagner à s’éloigner de sa philosophie fondatrice pour se rapprocher de celle de Twitter? Pas certain. Si pour GigaOM cela pourrait avoir des effets bénéfiques en termes de croissance et donc d’attrait pour les publicitaires, il en va tout autrement en matière d’image. Facebook subit de régulières volées de bois vert lorsqu’il modifie ses conditions générales d’utilisation. Pour Mathew Ingram, changer le fondement même de la philosophie du site représenterait un risque majeur qu’il ne serait pas opportun de prendre:

«Pour ce que cela vaut, je pense que Facebook devrait garder son fonctionnement existant et laisser à Twitter le suivi asymétrique. Il y a de la place pour deux.»

Photo: Capture d'écran Facebook

Slate.fr

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