Economie

Qui sauvera la Kabul Bank?

Slate.fr, mis à jour le 06.09.2010 à 10 h 17

Les clients de la plus grande banque commerciale d’Afghanistan ont continué à affluer tout au long du weekend devant les locaux de l’entreprise, formant de longues queues de personnes espérant pouvoir retirer leur argent placé à la Kabul Bank. Samedi 4 septembre, les clients attendaient des heures devant les agences, avant de se voir parfois signifier qu’elles n’avaient pas de liquidités. Le lendemain, une queue géante a commencé à se former avant l’aube devant la principale agence de Kaboul –la dernière où ils pouvaient encore retirer des dollars, même si le maximum était de 10.000 dollars par personne, rapporte la BBC.

Les forces de police ont été déployées autour de l’agence, et des barbelés ont été installés pour retenir la foule. Prévenir la faillite de la Kabul Bank «est devenu une priorité pour les autorités américaines et afghanes», rapporte le Wall Street Journal. Si les craintes sur une éventuelle faillite de la banque continuent, cela pourrait avoir des effets «dangereusement dévastateurs» étant donné que le gouvernement détient plusieurs de ses comptes à la Kabul Bank, qui est est également utilisée pour payer les salaires des soldats, policiers et enseignants.

La panique a été déclenchée par plusieurs articles la semaine dernière dans les médias américains faisant état de corruption, de dettes monumentales, et du remplacement de deux dirigeants de la banque.

Les experts américains essayent d’aider les responsables afghans à éviter la catastrophe, mais l’administration Obama a insisté sur le fait qu’aucun argent américain ne sera utilisé pour sauver la banque, contrairement à ce que suggéraient certains médias américains comme le Washington Post. «Il s'agit d'un problème afghan. Les Etats-Unis fournissent une assistance technique au gouvernement afghan, mais aucun contribuable américain ne paiera pour soutenir la banque» a affirmé le vice-secrétaire d'Etat au Trésor Neal Wolin, comme le rapporte RFI.

Malgré ces déclarations, le Wall Street Journal souligne que l’Afghanistan est tellement dépendant des donations internationales qu’il y a de bonnes chances pour que de l’argent américain soit indirectement utilisé pour sauver la banque.

Photo: Un garde devant l'agence principale de la Kabul Bank le 1er septembre, REUTERS/Ahmad Masood

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