Monde

Le cerveau derrière les discours d'Obama

Temps de lecture : 2 min

«La première chose à faire quand une personne importante meurt, après avoir pleuré sa perte, c’est d’en appeler à Adam pour qu’il commence à travailler sur les remarques appropriées.»

C’est le conseiller principal de la Maison Blanche, David Axelrod, qui s’exprime dans le LA Times. Et «Adam», c’est Adam Frankel, «le cerveau derrière les discours d’Obama», dont le quotidien américain dresse le portrait.

Les plumes du Président, on avait commencé à les découvrir en France au travers notamment des séries Spin City et, bien sûr, A la Maison Blanche. Là, grâce à ce long et intéressant article, le LA Times nous permet de nous balader un peu dans les couloirs de la vraie Maison Blanche, celle de Barack Obama.

Adam Frankel n’a que 29 ans et c’est à lui que l’on doit la plupart des discours émouvants du président américain. Ecrire des discours pour les démocrates est une sorte de tradition familiale pour ce diplômé de Princeton. Son grand-père paternel l’avait déjà fait pour Adlai Stevenson, Robert F. Kennedy et George McGovern. Aucun n’avait accédé à la fonction suprême. Et Adam a aussi travaillé pour John Kerry. Egalement un perdant. «La plaisanterie, c’était de dire que je perpétuais la tradition familiale: la fierté de travailler pour des démocrates perdants», dit Adam Frankel au LA Times.

Adam écrit un ou deux discours par semaine, parfois des trucs de routine, mais sa spécialité, ce sont les références historiques et la morale. Et il aime particulièrement travailler à partir d’une citation de la Bible.

C’est lui qui a écrit le discours d’Obama après la mort de 29 mineurs dans une explosion en Virginie de l’ouest, mais aussi l’hommage à des officiers de police morts en fonction, ou le discours du Martin Luther King Jr Day. Mais aussi les paroles prononcées par Obama lors des obsèques du sénateur Byrd. Un moment compliqué, parce que Byrd avait eu des liens avec le Ku Klux Klan. Frankel a trouvé comment tourner les phrases, pour qu’Obama puisse en parler, sans en parler ouvertement, pour que le président puisse dire qu’il avait abordé le sujet avec le mort.

Pour écrire, il s’installe dans son appartement de Washington, une colocation. Il pose son portable sur la table noire de sa cuisine, et s’y met. La vitesse n’est pas son fort, glisse le LA Times. Son fort, c’est «la mort et le désastre, c’est un spécialiste de la langue qui soulage la douleur».

À LIRE ÉGALEMENT SUR SLATE: La politique fonctionne-t-elle comme «A la Maison Blanche»?

Photo: REUTERS

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