Economie

Agriculteurs et spéculateurs se retrouvent sur Twitter

Slate.fr, mis à jour le 03.09.2010 à 18 h 55

Mike Haley est agriculteur dans l'Ohio. Il est également utilisateur du site de micro-blogging Twitter, sur lequel il donne régulièrement des informations sur son exploitation. Or, parmi les plus de 10.000 internautes abonnés à son fil («followers»), se trouvent des traders qui spéculent sur les prix des denrées agricoles, rapporte Forbes.

Aux Etats-Unis, Twitter serait donc devenu un outil d'information pour les opérateurs de salles de marché. Ainsi, Thomas Grisafi, un trader de l'Indiana, suit les comptes Twitter de 50 agriculteurs ainsi que ceux de sociétés agricoles ou encore de prévisionnistes. Son objectif: être informé le plus rapidement possible sur les paramètres locaux susceptibles de faire varier le prix des produits agricoles. Car comme il l'explique, sur Twitter, l'information va souvent plus vite que sur les services d'information auxquels il est abonné.

«La semaine dernière, Grisafi a commencé à recevoir des tweets d'agriculteurs européens disant que le temps était plus chaud et sec que ce qu'indiquaient les rapports météo. Il était resté prudent sur le marché du blé, se basant sur l'hypothèse que les prix allaient baisser. Cependant, en lisant les tweets, il a réalisé que l'offre de denrées pourrait être plus faible que prévu et a modifié sa position, évitant un manque à gagner puisque les prix ont augmenté.»

Si les bons tuyaux de Twitter profitent aux traders, les agriculteurs aussi peuvent conclure de bonnes affaires grâce au réseau social. Mike Haley, l'agriculteur de l'Ohio, en a bénéficié, poursuit Forbes:

«L'hiver 2009, après que des gelées aient frappé Oklahoma, les bulletins d'informations indiquaient que les champs de blé n'avaient pas subi de dommages. Mais Haley a lu des tweets d'agriculteurs affirmant que le gel avait tué leurs cultures et a décidé de reporter la vente de son blé jusqu'à ce que ces informations parviennent aux marchés. Quelques jours plus tard, le prix du blé augmentait et Haley vendait à une coopérative locale pour dix cents de plus par boisseau.»

Si Twitter est devenu un outil d'information pour les professionnels de l'agriculture, c'est en grande partie grâce à la multiplication des smartphones dans la campagne américaine. Un phénomène que signalait l'année dernière le site de CNN, indiquant que les agriculteurs utilisaient ces appareils «pour prendre pied sur les réseaux sociaux en ligne, pour des raisons à la fois professionnelles et personnelles». On comprend maintenant pourquoi.

Photo: Une moissonneuse batteuse. Wikimedia Commons, license CC

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