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Iran: une interview du fils de Sakineh

Slate.fr, mis à jour le 03.09.2010 à 12 h 39

Un tribunal iranien Reuters

Un tribunal iranien Reuters

Bernard-Henri Lévy, à l'origine de la pétition en France pour sauver Sakineh Mohammadi-Ashtiani, cette Iranienne de 43 ans condamnée à la lapidation pour adultère, a réalisé une interview choc et émouvante de son fils. Elle est publiée sur son site La Règle du Jeu et sur celui de Libération.

Sajjad, âgé de 22 ans, le fils de l'homme que Sakineh est accusée d'avoir contribué à assassiner, explique combien la mobilisation dans le monde est perçue en Iran, connue même du fond de sa cellule par Sakineh et reste le seul moyen d'ébranler la justice iranienne et de sauver ainsi sa mère. Face à la vague d'indignation planétaire, la justice iranienne a, pour le moment, suspendu l'exécution de la sentence.

BHL dont la pétition a recueilli plus de 50.000 signatures et qui a également reçu plus de 3.000 lettres de soutien à Sakineh et compte les publier, explique qu'il essaye par tous les moyens depuis trois semaines de joindre le fils de Sakineh. «Les deux enfants de Sakineh sont les plus habilités à parler au nom de leur mère» et à «nous faire savoir si notre campagne est utile et efficace». Manifestement, elle l'est. Le fils de Sakineh demande d'ailleurs dans l'interview une intensification de la mobilisation qui est aujourd'hui, en France, l'une des plus fortes dans le monde. Il raconte aussi le calvaire de sa mère qui «subit des interrogatoires incessants».

BHL, via des contacts en Iran au sein de l'opposition à Mahmoud Ahmadinejad, a retrouvé la trace au début de la semaine de Sajjad par l'intermédiaire de militants des droits de l'homme iraniens et de deux blogueurs itinérants. Il a fait une interview de lui par téléphone de plus de trois heures en deux jours et a attendu pour la réaliser que Sajjad dispose d'un téléphone relativement sûr.

Pour Bernard-Henri Lévy, le soutien apporté à Sakineh afin de sauver sa vie «est, aussi, le premier geste concret de solidarité envers la société iranienne, la seule solution entre le laisser-faire coupable et la résignation à la guerre. Ainsi, avec cette pétition citoyenne, avec ces dizaines de milliers de noms que nous opposons à la monstrueuse force des pierres, nous sommes, un peu, aux côtés de ceux dont le vote a été volé en juin 2009. Et c'est une raison supplémentaire de maintenir la pression, d'intensifier la mobilisation. Pour le fils de Sakineh, les choses sont très claires: chaque signature au bas de la pétition, chaque nom de chaque lecteur de Slate, de la RDJ ou d'ailleurs en soutien á la jeune femme menacée de lapidation est comme une bouteille à la mer qui arriverait à destination».

LIRE EGALEMENT: Comment se passe une lapidation en Iran.

Photo: Un tribunal iranien / Reuters

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