Monde

Les confessions de Tony Blair

Slate.fr, mis à jour le 01.09.2010 à 17 h 56

A Journey (Un voyage), c'est le titre des Mémoires publiées ce mercredi 1er septembre par Tony Blair. Un pavé de 718 pages dans lequel l'ancien Premier ministre britannique revient sur sa décennie au pouvoir outre-Manche. En marge de cette sortie très attendue, Tony Blair a accordé une longue interview au quotidien britannique The Guardian, dans laquelle il revient sur plusieurs points sensibles abordé dans son livre.

Les principales révélations concernent ses relations avec Gordon Brown, son éternel rival au sein du Parti travailliste. Tony Blair écrit qu'il savait que la nomination de Brown à sa succession «allait être un désastre». Il précise sa pensée dans The Guardian:

«Nous devions garder l'idée d'un Parti travailliste moderne et progressiste, à la pointe de l'avenir. Si nous nous éloignions de ça, nous allions vers un désastre.»

Dans ses mémoires, Blair qualifie par ailleurs son successeur d'«esprit brillant» mais le décrit aussi comme un «type étrange», «sans intelligence émotionnelle».

Autre dossier sensible: sa décision de participer à la guerre en Irak, qui l'a rendu impopulaire au Royaume-Uni et dans de nombreux autres pays. Dans son livre, Tony Blair se justifie longuement, tout en confessant qu'il n'avait pas prévu le «cauchemar» qu'est devenue cette guerre. Il s'explique dans The Guardian:

«Comment peut-on ne pas ressentir de tristesse pour ces vies perdues? (...) Mais quand j'emploie le mot de responsabilité, je lui donne un sens profond. Je dis dans le livre que le terme de responsabilité s'entend au passé comme au futur. Et c'est ce que je ressens. Ce n'est pas une coincidence si je consacre maintenant une grande partie de mon temps au Moyen-Orient et au dialogue interreligieux.»

Tony Blair livre également sa vision de la crise financière, mettant en garde les hommes politiques contre l'opinion selon laquelle l'heure du grand retour de l'Etat dans la vie économique serait venue. Entre l'Etat omniprésent et la non intervention, l'ancien Premier ministre continue de prôner une «troisième voie», celle d'«un Etat réformé et réinventé, que moi et Bill Clinton mettions en place au début du XXIe siècle».

Au Royaume-Uni, l'accueil réservé à ces Mémoires est assez mitigé, en particulier chez les militants opposés à la guerre en Irak, qui prévoient de manifester lors des prochaines séances de dédicace. Tony Blair a pourtant tenté de calmer les esprit en annonçant qu'il reverserait les bénéfices de son livre à une association de réhabilitation des victimes. Mais comme le rapportait le Daily Mail le 17 août, ce geste a également été dénoncé : il paie «le prix du sang», affirment ses détracteurs.

Photo: LittleMissSilly via Wikimedia Commons, License CC

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