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Quand les cadavres sauvent des vies

Slate.fr, mis à jour le 01.09.2010 à 12 h 16

 Photo: dummies / greg westfall via Flickr CC License by

Photo: dummies / greg westfall via Flickr CC License by

Les simulations d'accidents de voiture sont traditionnellement associées aux célèbres «crash test dummies» (dispositifs anthropomorphes d'essai, dans la langue de Molière), qui ont connu leur heure de gloire au début des années 1990. Après un populaire spot de prévention diffusé en 1988, des figurines pour enfant avaient été commercialisées et un dessin animé, The Incredible Crash Dummies, a même été programmé.

Nul doute que si des cadavres avaient pris la place de ces pantins grandeur nature, le succès n'aurait pas été au rendez-vous. Wired revient sur l'utilisation discrète mais ancienne de corps humains en matière de sécurité automobile. Le magazine rapporte que chaque élément d'une voiture ayant le moindre lien avec la sécurité des passagers a forcément été testé par ce moyen.

Sur son dernier modèle, l'Explorer 2011, Ford a ainsi incorporé un système de ceintures de sécurité équipées d'airbags, afin d'offrir une meilleure protection aux enfants. Sur son site, le constructeur met en scène cette avancée en utilisant à la fois des simulations informatiques et des «dummies» version enfant. Wired explique pourtant que Ford n'a pas pu faire l'économie d'essais utilisant des cadavres avant de produire ces ceintures à grandes échelles, notamment en ce qui concerne l'impact sur les organes internes. Un ancien ingénieur de l'entreprise explique ainsi:

«Ces tests sont toujours essentiels. Même si nous disposons de mannequins très avancés, la modélisation de corps humain n'a pas encore atteint le niveau [qui permettrait de se passer des cadavres]»

Pour des raisons d'image, les constructeurs ne s'occupent pas directement de ces simulations macabres. La tendance est plutôt au financement d'universités qui prennent en charge ces opérations. Lors du test, les scientifiques cachent le visage, les membres, attachent les bras du cadavre et le recouvrent de capteurs. S'ensuit une autopsie et une analyse par rayons X. L'université prend ensuite en charge les obsèques du défunt.

Ces simulations se raréfient toutefois, pour la simple raison que l'essentiel du travail de sécurité à l'intérieur de l'habitacle a déjà été effectué. La recherche automobile se concentre désormais davantage sur la prévention d'accidents. Utiliser un corps humain représente également un coût important, poussant les constructeurs à utiliser les simulations informatiques dès que possible. 


Photo: dummies / greg westfall via Flickr CC License by

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