Monde

Le Mexique sombre dans la violence

Slate.fr, mis à jour le 28.08.2010 à 10 h 04

L'une des voitures piégées à Ciudad Victoria Henry Romero / Reuters

L'une des voitures piégées à Ciudad Victoria Henry Romero / Reuters

Le corps d'un membre des forces de l'ordre enquêtant sur le massacre de 72 immigrants d'Amérique latine dans un ranch dans l'Etat du nord-est du Mexique de Tamaulipas a été retrouvé vendredi 27 août le long d'une route à coté d'une autre victime non identifiée rapporte le correspondant du Guardian à Mexico.

Un peu plus tôt deux voitures avaient explosé devant les studios du réseau de télévision national Televisa dans la capitale de l'Etat Ciudad Victoria. Il n'y a pas eu de blessés, mais l'attentat a encore augmenté la tension et le sentiment de peur dans un pays ravagé par la guerre contre les cartels de la drogue et entre ces cartels.

Protégés par des gardes armés, les enquêteurs ont continué à identifier les victimes de la plus grande tuerie à ce jour liée à la guerre de la drogue et ont identifié 20 personnes, 14 d'entre elles étaient des femmes qui provenaient d'au moins quatre pays dont le Honduras, le Salvador, le Brézil et l'Equateur. Elles ont été retrouvées, des bandeaux sur les yeux, attachées au mur d'une grange après l'intervention des troupes de marine dans la propriété.

Le massacre a été découvert après qu'un immigrant équatorien de 18 ans, qui avaient été laissé pour mort avec une grave blessure au cou, Luis Freddy Lala Pomavilla, 18 ans, ait réussi à s'échapper et à rallier un point de contrôle de la marine mexicaine. Il a déclaré que les immigrés ont été kidnappés par des hommes armés se réclamant des Zetas, un des cartels se battant pour prendre le contrôle du trafic de drogue dans l'Etat de Tamaulipas. Le massacre a commencé quand ils ont refusé de travailler pour le cartel.

Un rapport publié l'an dernier par la Commission nationale mexicaine des droits de l'homme estimait que plus de 1.600 immigrants étaient kidnappés chaque mois dans le pays. L'objectif en général est de contraindre leurs familles, notamment aux Etats-Unis, de payer une rançon.

Dans un témoignage poignant, publié par le quotidien mexicain El Universal, une salvadorienne identifiée comme Marisolina raconte avoir été kidnappée et contrainte à servir les kidnappeurs. Elle apportait notamment de la nourriture à ses compagnons d'infortune et ceux dont les familles ne pouvaient pas payer disparaissaient et étaient remplacés par d'autres.

La violence est présente dans tous le pays. Ainsi à Monterrey, la capitale économique du pays, le gouvernement américain a demandé vendredi 27 août aux membres du personnel de son consulat d'évacuer immédiatement leurs enfants de cette ville du nord de pays considérée pourtant jusqu'alors comme l'une des plus tranquilles rapporte l'agence Reuters.

La décision fait suite à l'attaque le 20 août d'une école privée fréquentée par des enfants américains. Des membres d'un cartel de la drogue auraient tenté de kidnapper les enfants d'un important homme d'affaires mexicain et auraient tué dans l'attaque deux gardes du corps. 

Photo: L'une des voitures piégées à Ciudad Victoria Henry Romero / Reuters

 

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