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L’Allemagne veut interdire Facebook aux patrons

Temps de lecture : 2 min

Photo: Eye. Door / John-Morgan via Flickr CC License by
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Faut-il y voir une différence de culture entre les deux côtés de l’Atlantique? Mi-août, le directeur général de Google Eric Schmidt estimait qu’il était peut-être pertinent de changer de nom lors de l’entrée dans la vie active afin de se débarrasser des traces gênantes de son passé en ligne. Le gouvernement allemand, lui, considère le problème d’une manière diamétralement opposée: le meilleur moyen pour ne pas avoir à se soucier de son «e-reputation» reste pour lui d’interdire aux recruteurs de chercher trop loin sur le web.

Le ministre de l’Intérieur, Thomas de Maiziere, a présenté mercredi 25 un projet de loi relatif aux questions de respect de la vie privée. Cette initiative s’inscrit dans une démarche de moralisation des relations employeur/salariés, après que plusieurs scandales ont éclaté ces dernières années. En 2008, la chaîne de supermarchés discount Lidl avait ainsi été accusée de surveiller ses employés jusqu’aux toilettes, et un an plus tard, la compagnie locale de chemins de fer se faisait pointer du doigt pour une affaire similaire.

La loi prévoit donc une interdiction des caméras de surveillance dans la plupart des lieux de travail, à l’exception notable de certaines usines et supermarchés. Une décision mal accueillie par les associations patronales, qui craignent une recrudescence des actes criminels au travail.

Mais la proposition la plus innovante se trouve dans le volet «embauche» de la loi. Les recruteurs pourront toujours faire des recherches sur le web ou sur les réseaux sociaux professionnels (type LinkedIn) à propos d’un candidat. En revanche, se faire accepter comme ami du candidat sur Facebook pour accéder à des informations privées le concernant sera passible d’amende. Le Huffington Post ajoute que même Google Street View serait concerné par le projet, sans que plus de détails soient disponibles pour l’instant. Le commissaire fédéral pour la protection des données, Peter Schaar, a du mal à masquer son enthousiasme:

«Il s’agit là d’une avancée substantielle par rapport au statu quo qui était la règle concernant les données des travailleurs.»

À LIRE ÉGALEMENT: Comment changer de nom? et Google m'a tuer

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