Monde

Le laser brûlant, la nouvelle arme américaine anti-détenus

Slate.fr, mis à jour le 25.08.2010 à 14 h 38

Selon le site de la chaîne NBC, les gardiens de la prison du comté de Los Angeles (près de Castaic) vont prochainement tester une arme laser anti-émeute. Son principe: grâce à un joystick, les gardiens dirigeront un laser brûlant et invisible sur les détenus afin d'interrompre leur rebellion.

Fabriquée par Raytheon, cette arme est capable d'émettre son faisceau brûlant –d'une largeur comparable à celle d'un disque laser– sur une trentaine de mètres. L'appareil sera testé pendant six mois dans toutes les prisons du pays.

Le commandant sheriff Bob Osborne attend beaucoup de ce laser:

«Nous espérons que cette nouvelle technologie poussera les détenus à stopper leur attaque, ou amoindrira la puissance d'un assaut, en jouant sur l'effet de surprise lié à la douleur, causée par le faisceau [...] Donc nous aurons moins de blessures, moins d'attaques, ce genre de choses.»

«Selon moi, on peut comparer l'arme à un four ouvert, sauf qu'au lieu d'être autour de moi, la chaleur est plus concentré, décrit Bob Osborne. Des adjoints ont testé l'arme sur eux-mêmes.

Tous ont constaté que le faisceau invisible était douloureux, surtout en cas de surprise.

Une douleur intolérable selon le fabricant

A l'occasion d'une conférence, rapportée par CNN, le shérif de Los Angeles Lee Baca s'est dit convaincu que les vies humaines ne seront pas mises en danger:

«Cette arme nous permettra d'intervenir rapidement sans avoir à entrer dans la zone, sans assommer ou sans blesser les agresseurs.»

Cité par le Dailymail,  le vice-président de Raytheon, Mike Booen, est sûr de l'efficacité du produit:  

«Si vous passez dans son faisceau, vous allez vite le comprendre. Vous sentez l'effet en moins d'une seconde. Personne ne peut y rester plus que trois secondes, car cela fait vraiment mal.»

Raytheon évoque même une «intolérable sensation de chaleur, mais qui s'arrêterait dès que les cibles sortent du faisceau.»

Sur son blog, The Stir, l'ex-journaliste du New York Times Sasha Brown Worsham regrette l'utilisation de cette arme, symbolique selon elle de la déshumanisation des prisons:  

«Quand les surveillants pénitentiaires ont testé l'arme dans des conditions réelles, ils ont dirigé le faisceau sur eux-mêmes, puis ils ont ri, comme si c'était drôle... Cela m'a rendu nerveuse. Les histoires racontant la cruauté des gardiens sur des prisonniers sont aussi courantes que les affaires de violences entre détenus. Les deux doivent prendre fin. Mais je ne pense pas que donner un jouet de torture géant aux gardiens soit la meilleure méthode.»

Photo: Laser by Ryan Ebert via Flickr / CC Licence By

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte