Economie

Philadelphie veut imposer ses blogueurs

Slate.fr, mis à jour le 24.08.2010 à 14 h 35

Photo: Money Roll / zzzack via Flickr CC License by

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Marilyn Bess est un peu trop honnête. Dans sa déclaration de revenus, cette blogueuse de Philadelphie a indiqué avoir perçu ces trois dernières années 50$ (environ 40 euros) de revenus publicitaires grâce à son site. Suffisant pour que la ville considère son activité comme génératrice de profits, et lui demande de payer une licence de 300$ pour lui permettre de créer son entreprise. Une facture qui a du mal à passer pour la jeune femme:

«Le plus embêtant, c’est que je n’ai même pas de travail à plein temps. Que la ville me demande de payer 300$ pour une licence professionnelle [...] pour une poignée de dollars est scandaleux.»

Le journal local, le Philadelphia City Paper, a clairement rejoint le camp de Marilyn Bess:

«Ce serait une chose si le site de Bess était une véritable entreprise, ou si la somme que demande la ville n’excédait pas ses revenus. Bien sûr, la ville a ses règles et celles qui sont prises à la gorge ne peuvent pas se permettre d’ignorer des sources potentielles de recettes. Mais en même temps, on est en droit d’attendre de la ville de la prudence et du discernement.»

Il ne s’agit pourtant pas pour la municipalité d’une question de montant, mais plutôt de démarche. Andrea Mannino, du service budgétaire, estime qu’à partir du moment où un auteur choisit d’afficher de la publicité sur son blog, il s’inscrit dans une volonté de monétisation. La ville précise qu’il en est de même pour la situation des pigistes.

Sur le blog du magazine américain Entrepreneur, Rosalind Resnick se montre plus compréhensive envers la mesure:

«Depuis la crise d’il y a deux ans, les villes et les États ont assisté à de nombreux licenciements, qui ont affecté leurs revenus, et ont dû en même temps prendre en charge les indemnités de ces millions de nouveaux chercheurs d’emploi. Parmi eux, beaucoup se sont lancés en indépendant. Ils continuent à vivre dans ces villes qui leur fournissent toujours les routes, les écoles et les autres services publics...»

Une proposition émanant de conseillers municipaux semble toutefois faire l’unanimité autour d’elle. Afin de rendre la ville plus attirante pour les PME, il s’agirait de supprimer la taxe touchant les cents premiers milliers de dollars de bénéfice. Sans pour autant revenir sur la licence de 300$ en question, bien qu’un paiement de 50$ par an soit à l’étude.

Photo: Money Roll / zzzack via Flickr CC License by

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