Culture

La Joconde: Léonard de Vinci peignait... à la main

Slate.fr, mis à jour le 23.08.2010 à 12 h 35

D'où vient le sfumato, l'effet pictural qui rend le visage de Mona Lisa (La Joconde) si mystérieux? Classique, cette question semble avoir trouvé une réponse plausible. Selon les scientifiques du Laboratoire du Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France et de l'European Synchrotron Radiation Facility, cités par The Telegraph, le peintre italien Léonard de Vinci aurait utilisé ses... doigts pour appliquer les quarante couches de vernis. En effet, les peintures ne présentent aucune trace de pinceau ou de contour.

Pour en arriver à ces observations, les chercheurs ont passé certaines peintures de Léonard de Vinci aux rayons X (la Joconde, la Vierge aux Rochers, la Madone à l'œillet, Saint Jean-Baptiste et la Vierge et l'enfant). «Le plus frappant, c'est qu'aucune trace de pinceau, aucune empreinte digitale n'est remarquable sur les peintures, remarque la chercheuse Laurence de Viguerie, citée par BBC News. Tout est si fin, tout est si harmonisé. On comprend mieux pourquoi il s'est souvent dit que ces peintures ne donnaient aucun indice.»

Des couches 50 fois plus fines qu'un cheveu

L'utilisation des rayons X, qui permet de sonder les peintures sans en prélever des échantillons, a également donné des informations sur la composition des différentes couches.

L'étude a confirmé la virtuosité de Léonard de Vinci. Jouant sur l'épaisseur des couches de peinture, ce qui est aujourd'hui courant, le peintre italien se démarquait par la précision incroyable de certains de ses vernis, pour certains 50 fois plus fins qu'un cheveu humain. Un travail de longue haleine: le séchage des couches puis leur superposition aurait pris des années.

Ce qui fait dire au professeur Francis Ames-Lewis, historien de l'art distingué, selon le Telegraph, et vice-président de la Société Leonardo da Vinci, un organisme voué à l'étude de l'oeuvre du peintre italien: 

«Léonard de Vinci s'intéressait à la production de tons doux et progressifs, du clair au sombre, avec des changements inperceptibles comme dans la vie courante, et le sfumato était en ce sens essentiel. Ce qui est extraordinaire, c'est sa méticulosité et la précision de sa technique. Dans le cas de Mona Lisa, il remarqua une personnalité ambigue, complexe, et la retranscrit grâce au sfumato.»


Photo: Mona Lisa par Joaquin Martinez via Flickr / CC Licence By



















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