Culture

Les tableaux volés servent de monnaie d'échange

Temps de lecture : 2 min

L'ombre d'un visiteur devant un auto-portrait de Van Gogh.  Luke MacGregor / Reu
L'ombre d'un visiteur devant un auto-portrait de Van Gogh. Luke MacGregor / Reuters

Le vol spectaculaire au Caire samedi 21 août du tableau Coquelicots de Van Gogh relance les spéculations et les thèses sur les raisons du vol d'une œuvre aussi connue, les commanditaires et le destin de cette peinture. Le tableau est évalué à 50 millions de dollars et a déjà été dérobé en 1977 avant d'être retrouvé un an plus tard.

Pour les experts cités par les médias comme le commissaire-priseur Pierre Cornette de Saint-Cyr par Europe 1, le voleur «est un petit crétin. La planète entière est au courant. Toutes les polices du monde, tous les musées, tous les collectionneurs sont au courant donc il ne pourra rien en faire». Une autre thèse fréquemment évoquée, plus romantique, est celle du collectionneur fou et richissime prêt à tout pour pouvoir contempler seul une telle œuvre. Elle est séduisante, mais d'après les spécialistes ne correspond pas vraiment à la réalité comme celle d'ailleurs du voleur idiot.

Dans un article qui remonte déjà à quelques temps, la revue américaine ARTnews avait interviewé un ancien spécialiste du FBI (police fédérale américaine) qui mettait en avant une autre hypothèse sur les vols d'œuvres d'art très connues, celle de la monnaie d'échange. «En échange de leur liberté, les voleurs négocient des tableaux volés», explique Robert Wittman, qui a créé l'équipe spécialisée du FBI dans le vol des objets d'art et est maintenant un spécialiste privé de la traque de ses œuvres volées. «Quand ils sont arrêtés pour d'autres activités criminelles, ils concluent un marché en donnant des informations qui conduisent à la découverte des tableaux ou des sculptures volées», ajoute-t-il.

Robert Wittman ajoute que ce sont en général de grands professionnels qui réduisent les risques au minimum. Ainsi, dans une étude réalisée par le FBI au début des années 2000, il apparaissait que 80% des vols dans les musées se faisaient à l'aide de complices ayant des informations privilégiées sur les systèmes de sécurité. Il ne s'agissait pas forcément d'employés des musées, mais de membre de leurs familles ou d'experts fréquentant très souvent les établissements en question.

Au Caire, au musée Mahmoud Khalil, les alarmes ne fonctionnaient pas et la plupart des caméras de surveillance étaient en panne.

Photo: L'ombre d'un visiteur devant un auto-portrait de Van Gogh. Luke MacGregor / Reuters

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