Monde

Un Kenyan condamné à 9 ans de prison pour avoir voulu vendre un albinos

Slate.fr, mis à jour le 20.08.2010 à 12 h 59

Photo: Un enfant albinos en Tanzanie - REUTERS/Katrina Manson

Photo: Un enfant albinos en Tanzanie - REUTERS/Katrina Manson

Un homme de 28 ans qui essayait de vendre un albinos à des sorciers tanzaniens a été arrêté par les autorités locales et condamné à neuf ans de prison ferme pour enlèvement et trafic d’être humain. Il avait l’intention de céder sa victime, kenyane comme lui, contre 400 millions de shillings tanzaniens (environ 207.000 euros).

MSNBC rapporte que sur les 170.000 albinos vivant en Tanzanie, 53 ont été tués depuis 2007. Le sang, ainsi que les membres et organes des victimes servent à la préparation de potions qui apporteraient selon des croyances ancestrales amour, chance, bonheur et réussite.

Ali Zihada Msembo, secrétaire général de la Société Tanzanienne des Albinos a déclaré à l’issue du procès:

«Nous nous réjouissons de la conclusion rapide de cette affaire, car ces cas durent depuis trop longtemps. Nous estimons toutefois que la peine infligée est trop légère. Cet individu aurait dû être condamné à de la prison à vie, car il ne savait que trop bien ce que le pauvre albinos qu’il s'apprêtait à vendre allait être égorgé.»

L’association craint une recrudescence des attaques à l’automne. En effet, la Tanzanie, deuxième puissance économique d’Afrique de l’Est, organisera en octobre ses élections présidentielle et législatives. MSNB explique que nombreux candidats font appel aux sorciers lors de leur campagne. Une situation qui inquiète au plus haut point Msembo:

«On raconte dans le pays que toute la population albinos pourrait être exterminée d’ici à la fin des élections. Nous ne savons pas quel crédit donner à ce genre de rumeurs, mais en attendant les albinos vivent constamment dans la peur.»

Dans le pays voisin du Burundi, onze albinos ont été tués depuis un an.

D’où proviennent ces fantasmes concernant ces blancs de parents noirs? Fabéré Sanon, le président de l’association pour les personnes albinos (ANIPA) basée au Burkina Faso, expliquait en 2008 au site Afrik.com que la mère était souvent tenue comme responsable:

«On l’accuse d’avoir dormi enceinte à la belle étoile dans un endroit interdit ou d’avoir été infidèle à son mari pendant la grossesse.»

Et de se féliciter de la baisse des superstitions: «Les gens sont moins ignorants et commencent à considérer l’albinisme comme une maladie.»

Photo: Un enfant albinos en Tanzanie - REUTERS/Katrina Manson

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