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Le web, c'est fini

Slate.fr, mis à jour le 18.08.2010 à 11 h 51

Photo: Apple Ipad / John.Karakatsanis via Flickr CC License by

Photo: Apple Ipad / John.Karakatsanis via Flickr CC License by

Lire son journal sur son smartphone, utiliser Twitter sur son iPad, jouer en ligne sur sa console de salon... Depuis une poignée de mois, les usages d’internet se sont largement diversifiés avec l’apparition de nouveaux appareils connectés. Des activités qui n’étaient accessibles il y a quelques temps que via un navigateur ont migré vers des applications dédiées. En juin dernier, le président d’Apple annonçait d’ailleurs comme imminente la fin de «l’ère des ordinateurs de bureau», remplacée par l’âge des terminaux à usages spécifiques.

Tout cela fait toujours partie d’internet. Mais plus du web «à l’ancienne», qui passe par le protocole de transfert hypertexte, plus connu sous le nom d’HTTP. Partant de ce constat, le magazine Wired ne prend pas de gants dans son dernier dossier: «Le web est mort, vive internet!»

La revue se fonde sur les chiffres d’une récente étude publiée par l’institut Cisco qui a mesuré la part des différents usages dans le trafic total du réseau. Le constat chiffré confirme la tendance observée: le web ne «pèse» que 23% du trafic, soit autant que les échanges en peer-to-peer. La progression la plus fulgurante dans le domaine concerne la vidéo en ligne: dérisoire au début du siècle, elle représente désormais plus de la moitié du trafic sur internet.

Pour Chris Anderson, rédacteur en chef du magazine, cette tendance n’est idéologiquement pas neutre: s’il est possible de consulter le code utilisé pour développer chaque page web, impossible de le faire sur la plupart des applications mobiles. À un mode de fonctionnement ouvert, les utilisateurs commencent à préférer un modèle fermé et propriétaire, pour des raisons pratiques.

Il ne s’agit finalement là pour Anderson que de l’ordre naturel du capitalisme. Comme pour le téléphone, le chemin de fer où l’électricité, internet suivrait un cycle déterminé: «invention, propagation, adoption, contrôle».

Moins de 24 heures après sa publication, le dossier a suscité un nombre considérable de réactions. De nombreux éditorialistes, comme Nick Bilton du New York Times et Rob Beschizza de BoingBoing, reprochent à Wired de ne se pencher que sur les proportions et pas sur le quantitatif.

En effet, le trafic total mesuré sur internet en 1995 était de 10 téraoctets. Dix ans plus tard, il a été multiplié par 10.000, et on estime que d’ici la fin de l’année 2010, il atteindra 7 millions de téraoctets. L’augmentation du trafic touche donc tous les domaines, le web y compris, même s’il progresse moins vite que la vidéo ou les applications, par exemple. Le symbole de cet accroissement fulgurant est certainement Facebook. Les utilisateurs de l’application mobile utilisent également la version web du service. Enfin, si les chiffres de la vidéo impressionnent, Wired semble oublier que si des applications dédiées existent, la plupart reste visionnée... dans un navigateur.

À LIRE ÉGALEMENT: Nuages sur le web, par Frédéric Filloux

Photo: Apple Ipad / John.Karakatsanis via Flickr CC License by

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