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Le sénateur tweete pendant la messe et quitte le réseau

Slate.fr, mis à jour le 16.08.2010 à 10 h 44

L'église de Seringes, Flickr Creative Commons licence Attribution, jinterwas

L'église de Seringes, Flickr Creative Commons licence Attribution, jinterwas

Faut pas trop l'embêter Alain Lambert. Vexé que le site Internet du quotidien Ouest-France ait fait un article sur son «live-tweet» d'une messe du dimanche, le sénateur UMP de l'Orne a décidé lundi 16 août de quitter Twitter.

Les deux phrases qu'il avait postées pendant la messe du 15 août étaient tout à fait anodines: «La messe va commencer à Ménil-Jean» puis «Un baptème est célébré pendant la messe». Mais en une période où l'actualité fait défaut, ces deux tweets ont provoqué un article dans la presse locale. Ouest-France.fr rapporte quelques réactions hostiles d'internautes sur le réseau social: «Ça se fait de tweeter dans un lieu de culte?» et «Que faites vous avec votre portable pendant la messe», questionne un autre. Que de l'anodin, toujours.

Sauf qu'il est difficile d'expliquer à des électeurs le sens d'un tel geste. Tweeter à la messe, pour l'électeur qui ne connaît pas Twitter, c'est pas très catholique. «On a atteint le fond», «Vous ne trouvez pas cela pitoyable que la presse en soit arrivé là?», s'indigne Alain Lambert sur le réseau social avant d'en tirer les conséquences et d'annoncer son retrait de la vie twitterienne:

Cette mini-polémique prouve une nouvelle fois la difficulté pour les personnages publics d'apparaître sur un réseau comme Twitter, zone grise entre la parole publique et la parole privée. Alain Lambert, quand il live-tweete la messe du dimanche, pense ne s'adresser qu'aux 3.500 personnes qui le suivent sur le réseau, un public d'initiés qui ne s'offusquera pas d'une telle pratique. Mais quand ses propos sont rapportés froidement dans la presse régionale, hors du contexte de réseau, ils deviennent subitement hors de propos, pas digne d'un homme politique.

Dans un article paru sur Slate en juin, nous relevions cette difficulté pour les politiques:

Twitter révèle forcément les failles humaines. Les personnages publics qui tweetent (pour l'instant, essentiellement des politiques, des peoples ou des journalistes) deviennent beaucoup plus vulnérables, infiniment plus humains, plongés dans une régressive cour de récré qui prend les atours rassurants d'une discussion entre amis. Il n'y a plus de vitre blindée entre un personnage public et son personnage privé.

Photo: L'église de Seringes / jinterwas via Flickr CC licence By

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