Monde

Survivant, il danse sur «I Will Survive» à Auschwitz

Temps de lecture : 2 min

Le Spiegel est allé à la rencontre d’Adam «Adolek» Kohn, discret arrière-grand-père de 89 ans, juif polonais réfugié en Australie en 1949. En France, peu de monde connaît Adolek. Pourtant, c’est une célébrité depuis quelques mois en Australie, en Israël, en Allemagne et aux Etats-Unis. Une célébrité polémique. Adolek s’est fait connaître grâce à une vidéo postée sur YouTube. Filmé par sa fille, une artiste australienne, on y voit Adolek et ses petits-enfants danser à Auschwitz sur I Will Survive, de Gloria Gaynor.

Au début, le grand-père est hésitant, il ne danse pas vraiment. Puis, petit à petit, on peut voir ce survivant comme «libéré», entraîné par la musique et les paroles, qui prennent tout d’un coup un autre sens dans un camp de la mort. Comme lorsqu’on le voit, arborant un tee-shirt blanc barré du mot «Survivor», devant l’un des fours.

Ce petit film de 4min et 20 secondes, diffusé pour la première fois dans une gallérie de Melbourne en 2009, brise un tabou: peut-on associer l’Holocauste à un tube disco, qui plus est «hymne» homosexuel? Est-ce hilarant ou choquant, s'était demandé le LA Times.

«Les accusations de mauvais goût ont abondé. Un porte-parole du Musée juif de l'Holocauste et du Centre de Recherche de Melbourne a déclaré que son musée ne diffuserait la vidéo sous aucun prétexte, car elle était de nature à minimiser l'importance de “l'importance d'Auschwitz”. Abraham Foxman, directeur national de l'Anti-Defamation League à New York (…) a déclaré qu'il comprenait “le besoin de célébrer la survie, mais que, malheureusement, la survie est limitée à ceux qui ont survécu”.»

Citée par Haarezt, Jane Korman, la fille d'Adolek, explique:

«Cela aurait pu être irrespectueux, mais mon père dit: “Nous dansons, nous devrions danser, nous célébrons notre survie, et pour les générations à venir”.»

Mais Korman a également reçu de nombreux messages d’internautes le remerciant pour «Dancing Auschwitz» :

«En particulier des enfants de survivants, qui ont grandi dans l'ombre de l'Holocauste, et qui maintenant ressentent, comme une personne le lui a écrit, “plus de joie que de tristesse", et pour qui le film est “une déclaration d'amour à la vie après la mort”.»

Adolek ne semble pas regretter cette vidéo. Comme il le dit à la fin du film:

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«Si quelqu'un m’avait dit ici, à l’époque, que je viendrais quelque chose comme soixante trois ans plus tard avec mes petits-enfants, alors j’aurais dit “Qu'est-ce que tu racontes? Qu'est-ce que tu racontes?” Et maintenant, nous y voici. C'est vraiment un moment historique.»

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