France

Boutin: «Nous sommes tous d'origine étrangère»

Temps de lecture : 2 min

En ce week-end du 15 août, l’offensive anti-Sarkozy vient de la droite.

Le premier à dénoncer très violemment la politique gouvernementale est le villepiniste Jean-Pierre Grand. Le député de l’Hérault réagit à l’expulsion, samedi matin, de Roms à Montreuil. Soixante-dix personnes (dont une vingtaine d’enfants) avaient été évacuées d’un bâtiment de la ville.

«Peut-on être un député de la République et laisser faire cela sans réagir quand on découvre que les forces de l'ordre, intervenant très tôt le matin, trient les familles, les hommes d'un côté, les femmes et enfants de l'autre, avec menace de séparer les mères et les enfants?»
«Tous les Républicains ne pourront que condamner ces méthodes qui rappellent les rafles pendant la guerre.»

La seconde charge vient de Christine Boutin, qui s’exprime dans Le Parisien. L’ancienne ministre du Logement s’en prend à la proposition de Nicolas Sarkozy de déchoir de la nationalité française les Français d’origine étrangère délinquants.

«De qui parle-t-on, quand on évoque les Français d’origine étrangère? Beaucoup de Français sont d’origine étrangère, nous le sommes tous peu ou prou, à commencer par le président de la République lui-même! Comment peut-il oublier ça? Qu’est-ce que ça veut dire? On va créer des Français à l’essai? Où met-on le curseur? Ce discours conforte les peurs, elles-mêmes génératrices de violence. Il prouve aussi notre incapacité à intégrer.»

La présidente du Parti chrétien-démocrate, parti «associé à l’UMP» avertit le parti majoritaire:

«On caresse les électeurs du FN dans ce sens-là avec des mesures inapplicables. Or, ces électeurs-là veulent des résultats. On ne les récupérera pas. Et on perdra l’électorat social de l’UMP.»

Déjà, mercredi, une voix discordante s’était fait entendre, celle d’Alain Juppé. Dans son blog, l’ancien Premier ministre, dans un long billet, appelle la majorité à un «Retour aux fondamentaux»

«L’argument selon lequel une mesure recueille la faveur des “sondés” est à manier avec modération. Il est probable que, si au lendemain d’un crime odieux, on demandait, par sondage, aux Français leur opinion sur le rétablissement de la peine de mort, leur réponse serait sans ambiguïté. Faudrait-il pour autant suivre la tendance majoritaire? Ou croyons-nous toujours qu’il existe des principes eux aussi “fondamentaux”?»

Photo: Reuters

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