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La cyberguerre, c'est du sérieux

Temps de lecture : 2 min

Cyber Defense Exercise / West Point Public Affairs via Flickr CC License By
Cyber Defense Exercise / West Point Public Affairs via Flickr CC License By

Alors que le ministre de l'Intérieur allemand vient de demander aux membres de son gouvernement de ne plus utiliser de blackberrys et d'iPhones, et d'annoncer que l'Allemagne vivait une «augmentation dramatique d'attaques contre [ses] réseaux et particulièrement contre [ses] réseaux gouvernementaux» par des services de renseignements étrangers et des groupes de criminels organisés, La Croix revient sur la menace de la cyberguerre.

Le quotidien explique ainsi que les cyberattaques sont qualifiées d'«armes de nuisance massive», par opposition aux armes de destruction massive, et reviennent sur ce qu'elles recouvrent:

«Les experts en sécurité reconnaissent trois strates constitutives du cyberespace: la strate physique (infrastructures, câbles, routeurs et commutateurs); la strate sémantique, qui désigne les données brutes véhiculées par le cyberespace et exploitées par les humains ou les machines; la strate syntaxique, qui met en liaison les deux autres en formatant les informations et en leur conférant des standards et des protocoles (tel le TCP/IP sur lequel repose Internet).»

Une attaque contre la strate sémantique revient à voler, modifier ou supprimer des informations. Contre la strate syntaxique, les armes sont les virus. Et les attaques contre la strate physique impliquent un déploiement physique de l'ennemi contre des infrastructures.

Un exemple concret:

«Au Brésil, en novembre 2009, le cyberpiratage d'une centrale hydroélectrique a privé pendant trois jours une dizaine de villes et leurs 60 millions d'habitants de transports en commun, de feux de circulation, de télécommunications et d'ascenseurs. Dépôts de carburants, banques, centres commerciaux et sites industriels par milliers furent paralysés ou ralentis.»

Un nouveau champ de bataille

Les Etats ont tout intérêt à prendre la question au sérieux: une organisation terroriste pourrait utiliser des cyberattaques en guise de représailles, un Etat dans le cadre de son action militaire contre un autre Etat, des hackers pour réussir un exploit technique, explique La Croix.

Comme le rappelle le Baltic Times, l'Estonie est le premier membre de l'Otan à avoir été touché par une cyberattaque, en avril 2007, à la suite du déplacement d'un monument russe commémoratif hors de Tallinn. Des sites du gouvernement et de banques avaient été attaquées par déni de service, les rendant indisponibles.

Le pays abrite depuis 2004 le centre de l'Otan sur la cyberdéfense, où les différents Etats membres se livrent à des jeux cybermilitaires, rapporte un autre article de La Croix, et c'est depuis l'attaque contre les sites estoniens que ce centre est devenu véritablement actif.

Quant à la France, elle tente de rattrapper son retard grâce à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, créée en 2009 pour détécter et parer les cyberattaques.

À LIRE ÉGALEMENT: La cyberguerre en 24 heures chrono; Faut-il avoir peur des cyberattaques? Les nouveaux agents de la guerre froide numérique; La cyberguerre civile iranienne;

Photo: Cyber Defense Exercise / West Point Public Affairs via Flickr CC License By

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