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Avec Insurance, Wikileaks assure-t-il ses arrières?

Slate.fr, mis à jour le 05.08.2010 à 17 h 25

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Le site Wikileaks n'arrête pas de faire parler de lui. Selon PC World, un fichier mystérieux nommé «Insurance» a été posté sur la page du site web, où 91.000 documents secrets concernant la guerre en Afghanistan avaient été publiés le 26 juillet.

Crypté pour le moment, Insurance pourrait être révélé au public à l'avenir: avec 1.4 Go, il est dix fois plus important que l'ensemble des fichiers téléchargeables sur la page afghane de Wikileaks.

Si l'objectif de ce fichier reste méconnu, certains observateurs y voient une garantie (insurance en anglais), au cas où le site serait attaqué par les départements américains de la justice ou de la défense. C'est le cas de Cryptome, un site qui se présente comme recueillant «les documents ou publications qui sont interdites par les gouvernements du monde entier, en particulier ce qui concerne la liberté d'expression, la vie privée, la cryptologie, les technologies à double tranchant, la sécurité national, les renseignements...».

Un internaute sur Cryptome se demande notamment si Insurance comprend les 15.000 fichiers afghans non publiés, évoqués par le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, le 25 juillet dernier. PC World suppose ainsi que si quelque chose arrivait à Julian Assange ou au site web lui-même, le possesseur de la clé pourrait décrypter Insurance pour le mettre ensuite à la disposition du public. Un bon moyen de freiner les ardeurs des opposants de Wikileaks...

Parmi ces opposants, de nombreuses voix politiques ont tour à tour critiqué Wikileaks. Robert Gates, le secrétaire d'Etat à la défense, a notamment fait appel au FBI pour mener une enquête.

Rapportée par CNET, l'interpellation à Newark, New Jersey, du contributeur à Wikileaks Jabob Appelbaum, montre que les autorités américaines sont bien décidées à mettre un frein aux fuites. Interrogé pendant trois heures par des agents américains, Appelbaum a vu son téléphone et plusieurs de ses ordinateurs confisqués.

Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, semble lui aussi contraint à la discrétion. Deux semaines plus tôt, il ne s'était pas montré à la conférence hacker de New York.

Les talibans pourraient se servir de Wikileaks

Alors que le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs a affirmé sur un talk-show que la présidence américaine ne pouvait rien faire «à part demander à celui qui a ces documents secrets de ne plus en publier à l'avenir», les talibans prêteraient une grande attention aux documents déjà été publiés. «Nous allons enquêter, via nos propres services secrets, pour vérifier si les gens mentionnés [sur Wikileaks] sont des espions à la solde des Etats-Unis», affirmait le 30 juillet le porte-parole taliban Zabihullah Mujahid sur la chaîne britannique Channel 4 News.

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Photo: logo de Wikileaks

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