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Internet change le plagiat

Temps de lecture : 2 min

Photo: Des étudiants pendant un examen sur ordinateur / Extra Ketchup via Flickr
Photo: Des étudiants pendant un examen sur ordinateur / Extra Ketchup via Flickr CC License By

Il n'y a pas qu'en France que les étudiants sont tricheurs. Là où une étude récente voyait 48% des étudiants français avouer avoir triché lors d'un examen au collège, généralement en donnant une réponse à un autre étudiant ou en utilisant une antisèche, les professeurs américains s'inquiètent, eux, devant une tendance grandissante chez leurs élèves: le plagiat.

Le problème n'est pas tant que les ordinateurs permettent beaucoup plus facilement de copier et coller des morceaux de texte, explique le New York Times, mais le risque qu'internet «soit aussi en train de redéfinir comment les étudiants –qui ont grandi avec le partage de fichiers musicaux, Wikipedia, et l'économie du lien– comprennent le concept de paternité et la singularité de tout texte ou image».

La directrice du Centre pour l'Intégrité Académique explique ainsi:

«Aujourd'hui nous avons toute une génération d'étudiants qui ont grandi avec une information qui paraît juste traîner là, dans le cyber espace, et ne semble pas avoir d'auteur. C'est possible de croire que cette information est juste là, libre d'être prise par n'importe qui.»

D'après un sondage du centre réalisé entre 2006 et 2010, 40% de 14.000 étudiants en licence ont admis avoir copié quelques phrases pour des dissertations. Et la proportion d'étudiants pensant que copier quelque chose sur le web constitute «une tricherie sérieuse» est passé de 34% au début des années 2000 à 29% dernièrement.

Pour l'anthropologue Susan D. Blum, qui travaille sur la façon dont les étudiants considèrent la paternité et le texte, «notre notion de paternité et d'originalité est née, elle a fleuri, et elle pourrait bien être en train de disparaître». D'après elle, les étudiants d'aujourd'hui ne sont pas tant intéressés par se trouver une identité propre et authentique que par essayer différents styles et différentes identités, ce qu'Internet encourage:

«Si vous ne vous inquiétez pas particulièrement de vous présenter comme une personne absolument unique, alors ça ne pose pas de problème d'utiliser les mots d'autres gens, ça ne pose pas de problème de dire des choses auxquelles vous ne croyez pas, ça ne pose pas de problème d'écrire des dissertations dont vous vous fichez parce qu'elles ne font qu'accomplir un but, le but de rendre un devoir et d'être noté.»

Les universités américaines prennent le problème au sérieux, rapporte le Times-News: à l'université de Duke, en Caroline du Nord, les étudiants ont ainsi droit à un cours sur le plagiat en début d'année, qui au travers d'exemples concrets cherche à expliquer très clairement ce qui est considéré comme du plagiat, et ce qui ne l'est pas.

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