Monde

Les Maldives replongent vers la dictature

Temps de lecture : 2 min

Les Maldives semblent se diriger à nouveau vers la dictature, deux ans après la chute du despotique Maumoon Abdul Gayoom. Pourtant, l'élection du président Mohammed Nasheed en 2008 semblait augurer d'un retour progressif à la démocratie: libération des journalistes emprisonnés, lutte contre la corruption, fin des privilèges de la classe dirigeante, création d'une pension d'Etat, de l'assurance maladie, des transports publics... Las, le site de réflexion et d'analyse Big Think se montre très pessimiste.

Car l'ancien président Gayoom chercherait à déstabiliser son successeur. En 2006 déjà, alors que Gayoom était encore au pouvoir, Mohammed Nasheed avait été condamné pour «sédition», après avoir été arrêté dans une manifestation. Amnesty International avait alors condamné cette accusation, craignant que «Mohamed Nasheed ne soit un prisonnier d'opinion».

Mark Reddon, l'auteur de l'article, prend également la défense du président élu:

«Le pouvoir de Nasheed semble vaciller sous la pression de l'opposition, constituée des anciens membres du régime de Gayoom, de ses partisans, de députés, et de juges corrompus.»

Gayoom reconnaît qu'il a corrompu certains députés

Le camp Gayoom aurait très mal vécu l'intention présidentielle de retrouver des investissements volés -environ 400 millions de dollars- placés sur des comptes à l'étranger. Et cette somme ne comprend pas les yachts, les palaces et les autres achats faits en toute illégalité... A ce titre, la famille Gayoom a reconnu avoir soudoyé les députés de l'opposition pour rendre le pays ingouvernable.

Tout cela pourrait faire replonger les Maldives: la dernière crise a poussé le directeur de cabinet présidentiel à démissionner, puis à être renommé par le président Nasheed. Une intrusion présidentielle critiquée, puis jugée inconstitutionnelle, quand un membre de l'opposition a été placé en résidence surveillée pendant quelques jours.

Pendant ce temps, Gayoom tente le tout pour le tout. Avec le soutien de kleptocrates, d'hommes d'affaires douteux et d'anciens proches, l'ancien président aurait missionné à Londres un ancien procureur général, Hassan Saïd, dans le but de salir le nom de Nasheed. Tout un travail de lobbying aurait également lieu, en arrière plan: les proches de Gayoom tenteraient de nuire aux relations entre Nasheed et certains hommes politiques britanniques. Un conservateur anglais, Peter Craske, aurait été approché en ce sens.

Tout cela amène Big Think à craindre le retour d'une dictature.

Photo: Meeting with the Maldives delegation, by United Nations Development Program via Flickr/CC Licence By





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