Life

Bloquer son propre ordinateur pour mieux vivre

Slate.fr, mis à jour le 31.07.2010 à 13 h 16

Beaucoup d'employés ont déjà l'habitude de ne pas pouvoir accéder à quelques sites bien choisis (au hasard, Twitter ou Facebook) depuis leur lieu de travail, leur employeur ayant bloqué l'accès à ces sites depuis les ordinateurs du bureau. Mais Guy Kawasaki, qu'on ne peut pas accuser d'être anti-internet étant donné qu'il est derrière le marketing des premiers Macintosh (en 1984), pousse le vice plus loin en empêchant de lui même son ordinateur d'accéder à certains sites.

Comme il l'explique dans un billet sur Open Forum, sa productivité se trouve fortement malmenée par les différents réseaux sociaux qu'il fréquente:

«La première chose que je fais le matin, c'est me connecter à Twitter, et ensuite vérifier mes emails. Inévitablement ces deux habitudes m'amènent à cliquer sur des liens vers d'autres sites, et une heure passe sans même que je m'en sois rendu compte.»

Et ce rituel se reproduit à chaque fois que Kawasaki se rasseoit devant son ordinateur après la moindre absence. Comme il était «trop faible» pour se maîtriser, Kawasaki a remplacé sa volonté par celle de deux applications: une qui coupe carrément la connection à Internet pendant huit heures, l'autre –justement appelée Anti-Social– qui bloque l'accès à des sites préalablement définis par l'utilisateur pour huit heures également, et permet donc d'avoir toujours accès à ses mails ou à d'autres sites nécessaires à son activité sans se laisser distraire. Les deux applications peuvent être neutralisées avec un simple redémarrage d'ordinateur, mais faire ça relève d'une «totale admission de faiblesse», se convainc l'auteur.

Et de conclure:

«Bien sûr, vous et moi devrions être asser forts et matures pour hiérarchiser nos activités et être efficaces. Mais parfois tout le monde a besoin d'un petit coup de main, et ces applications peuvent être ce coup de main pour les plus faibles d'entre nous.»

Et ils sont nombreux, les faibles des réseaux sociaux. Dans son livre The Shallows, le journaliste du New York Times David Carr citait des statistiques impressionnantes, rappelle une journaliste de la Montreal Gazette, qui a décidé d'arrêter d'utiliser internet: les employés de bureaux regardent leurs mails en moyennen 30 à 40 fois par heure. On regarde la plupart des pages webs que l'on ouvre pendant 10 secondes ou moins, allant jusqu'à plus de deux minutes pour seulement 1 page sur 10.

A LIRE EGALEMENT SUR SLATE: Je lis sur le Web donc je pense autrement; Quatre mois sans Internet; Quatre mois sans Internet: c'est tricher si j'écoute un podcast?; Quatre mois sans internet: comment dessiner sans Google?; Quatre mois sans Internet: le point de vue des jeunes.

Photo: Computer/ DRB62 via Flickr CC License By

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte