France

Nationalité: Nicolas contredit Sarkozy

Slate.fr, mis à jour le 31.07.2010 à 11 h 26

Photo: Nicolas Sarkozy dialoguant sur le plateau de TF1 le 25 janvier 2010/Reute

Photo: Nicolas Sarkozy dialoguant sur le plateau de TF1 le 25 janvier 2010/Reuters

«La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un policier, d'un gendarme.»

Cette annonce de Nicolas Sarkozy dans son discours à Grenoble, prononcé le 30 juillet alors que le président installait le nouveau préfet de l'Isère, n'est qu'un pas de plus dans le virage du président vers l'extrême droite explique lemonde.fr, qui analyse toutes les propositions du discours.

Le retrait de nationalité faisait en effet partie du programme 2007 du Front national, «pour des crimes tels que, notamment, un assassinat, un acte terroriste, une prise d'otages, un rapt d'enfant, un viol, le trafic de drogue», et Jean-Marie Le Pen appelait dans ses voeux pour 2010 à des procédures de naturalisation et de déchéances de la nationalité.

Tout le reste du discours du président sert à recentrer son action sur la lutte contre l'insécurité, cherchant ainsi à récupérer une partie de son électorat prête à se (re)tourner vers le Front national. Il n'est plus seulement question de la délinquance (et du «Nettoyage au kärcher» des cités de 2005), mais aussi de l'immigration (et de «La France, tu l'aimes ou tu la quittes» de 2006).

Pour lemonde.fr, le discours de Grenoble n'est que le point d'orgue de la rhétorique présidentielle 2009-2010: débat sur l'identité nationale, citations de Maurice Barrès, appel à la discrétion des musulmans, Brice Hortefeux qui reste à son poste après avoir été condamné pour injure raciste, loi sur l'outrage au drapeau et annonces contre les gens du voyage.

Quant au retrait de la nationalité française, Rue89 relève que Nicolas contredit Sarkozy: en 2004, après deux ans au ministère de l'Intérieur, il écrivait dans La République, les religions, l'espérance son opposition à la double peine:

«La réforme de la double peine a procédé de la même conviction : à chaque délit, à chaque crime, il doit y avoir une réponse pénale ferme. Mais celle-ci ne peut varier selon que l'on est, sur sa carte d'identité, Français ou non. Lorsqu'il a passé toute son enfance en France ou qu'il y a fondé une famille, le second n'a pas à subir une seconde sanction en étant expulsé dans son pays de nationalité et coupé de sa famille.»

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Photo: Nicolas Sarkozy dialoguant sur le plateau de TF1 le 25 janvier 2010/Reuters 

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