Monde

Les dégâts de la marée noire BP exagérés?

Slate.fr, mis à jour le 30.07.2010 à 10 h 34

Malgré une couverture médiatique apocalyptique, des images de pélicans recouverts de pétrole et la description faite par Obama de la marée noire de BP comme étant «la pire catastrophe environnementale de l’histoire des Etats-Unis», le journaliste du magazine Time Michael Grunwald assure que la marée noire du golfe du Mexique est loin d’être aussi grave que ce que le public a été amené à croire.

Grunwald estime que, même si la marée noire est la plus importante de l’histoire du pays et qu’on ne peut en connaître les effets à long terme, la réalité sur le terrain ne justifie pas le battage médiatique qui a été fait. Depuis Port Fourchon, en Louisiane, Grunwald écrit que le nombre d’oiseaux tués par la marée noire ne représente que 1% de ceux qui avaient péri lors de la catastrophe de l’Exxon Valdez, que la fuite a détruit 140 hectares de marécages (la Louisiane en perdait déjà 6.000 par an), et n’a pas eu d’impact permanent sur la pêche aux poissons ou aux crevettes de la région.

«Il n’y a simplement pas de données qui prouvent un quelconque désastre environnemental,» a confié le scientifique marin Ivor Van Heerden à Grunwald. L’auteur souligne quand-même que Van Heerden est controversé en Louisiane pour sa minimisation de la marée noire et pour sa position concernant Katrina – il a réussi à faire admettre aux ingénieurs de l’armée américaine que les inondations étaient un problème structurel – mais Grunwald affirme quand-même qu’il y a de bonnes raisons de le croire.

«Je n’ai aucun intérêt à faire que BP ait l’air sympathique, et je pense qu’ils ont menti sur l’ampleur de la marée noire, mais nous n’avons pas affaire à des impacts catastrophiques», a ajouté Van Heerden, qui est par ailleurs consultant pour BP. «Les impacts sont vraiment bien plus faibles que ce que tout le monde craignait,» confirme la géochimiste Jacqueline Michel. Cela n’enlève rien à l‘importance de la fuite, explique Grunwald, mais devrait simplement remettre les choses en perspective: plus de 3.000 kilomètres de terre le long de la côte de Louisiane ont disparu au cours de la dernière décennie, et la fuite de BP ne provoquera rien de tel. En comparaison des marécages qui disparaissent, la marée noire est comme «un coup de soleil pour un patient atteint d’un cancer» estime Paul Kemp, un autre scientifique spécialiste de la côte. 

Le Telegraph revient également dans un long article sur le nombre croissant de scientifiques qui commencent à parler ouvertement d'une exagération des dégâts de la marée noire, maintenant que les esprits se sont un peu calmés. Le fait que la fuite a eu lieu en pleine mer et donc loin des côtes, qu'il s'agit de pétrole «léger» (light oil) et que le golfe du Mexique soit propice à l'évaporation et à la biodégradation du pétrole sont autant de facteurs qui ont attenué les dégâts de la marée noire.

Photo: Au sein d'une réserve naturelle, un pélican épuisé se débat dans une mare de pétrole, Louisiane, le 5 juin 2010. S. GARDNER / REUTERS 

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