Life

Polémique sur le droit à l’avortement après une fécondation in vitro

Les dossiers de Slate, mis à jour le 29.07.2010 à 16 h 38

pregnant profile II / mahalie, via Flickr CC License by

pregnant profile II / mahalie, via Flickr CC License by

Lorsqu’une femme décide d’avorter en Angleterre, du moment qu’elle se situe dans le délai légal, elle est libre de le faire. Une décision que l’on associe souvent à une grossesse non souhaitée. Mais qu’en est-il des femmes qui ont recours à la fécondation in vitro? Leur grossesse était voulue, attendue, espérée: doivent-être renoncer à leur liberté de choisir si elles souhaitent garder ou non l’enfant? C’est un article du Times daté du 6 juin 2010 qui a soulevé le débat.

Dans cet article, on apprenait qu’en moyenne chaque année en Angleterre 80 femmes avortent après une fécondation in vitro, souvent après une rupture ou quand le couple va mal. De quoi déclencher les foudres des militants anti-avortement. «Egoïstes», tel était l’adjectif qui est revenu dans des blogs ou dans des commentaires. Branle-bas de combat, d’autant qu’en Anglettre, le NHS, le système de santé public britannique, participe à la fois au financement des fécondations in vitro et à celui des avortements.

Seulement, comme l’explique le Daily Beast, moins de deux semaines après la publication de l’article, des chiffres totalement contradictoires sont venus fortement nuancer les conclusions. Si les femmes avortent après une fécondation in vitro, c’est dans la plupart des cas après avoir appris que le foetus souffre de malformations. Certains cas de fausses couches auraient même été classés par erreur dans les avortements. Le Daily Beast rapporte en outre plusieurs témoignages de spécialistes qui parlent d’une tendance tout à fait marginale.

Quand bien même l’article du Times était erroné, il a soulevé une question importante. Pour la plupart des militants pro-avortement, peu importe la manière dont on tombe enceinte, l'avortement est avant tout une question de choix personnel et de liberté. Mais selon le Dr. Josephine Johnston, chercheuse en bioethique au Hastings Center, ces femmes ont une certaine responsabilité de mener leur grossesse à terme:

«Les femmes qui ont suivi un traitement de fertilité ont entraîné des médécins et des infirmières dans le processus. Elles ont vraiment beaucoup sollicité l’aide d’autrui.»

Pour le Dr. William Gibbons, président de la Société Américaine pour la Médecine Reproductive, le vrai problème c’est que du coup, les praticiens ont l’impression d’avoir participé d’une manière ou d’une autre à l’avortement.

Photo: pregnant profile II / mahalie, via Flickr CC License by

Les dossiers de Slate
Les dossiers de Slate (14 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte