Monde

Acharnement contre un policier russe qui dénonce la corruption

Temps de lecture : 2 min

A l’automne dernier, Aleksei Dymovsky, simple policier de la ville portuaire de Novorossiysk, sur les bords de la mer Noire, est devenu aux yeux de toute la Russie le symbole du ras-le-bol général vis-à-vis de la corruption endémique qui touche la police russe. Et ce à cause d'une simple vidéo Youtube. Il s’est filmé assis devant sa caméra et a lancé un appel, expliquant qu'il ne veut plus arrêter des innocents pour atteindre ses objectifs mensuels et dénonçant les activités illégales des forces de police dans sa ville, notamment les pots-de-vin, qui sont selon lui la norme dans la police. Il s'adresse également directement à Vladimir Poutine pour que celui-ci nettoie le système de maintien de l'ordre.

Posté en deux parties sur YouTube en novembre dernier, son message a crée un vrai choc en Russie, un pays où s'opposer aux autorités peut s'avérer extrêmement dangereux, et a été vu des millions de fois par une population de plus en plus préoccupée par la corruption et le comportement de la police dans tout le pays.

Le New York Times retrace les mésaventures de Dymovsky depuis ce coup d’éclat. Poutine et Medvedev ont évidemment méprisé son appel, Dymovsky a été immédiatement licencié et interrogé, ainsi que sa famille et ses amis proches. Leurs maisons ont été fouillées. Dymosky a été arrêté et enfermé en janvier pour fraude et corruption. Devant les proportions prises par une affaire devenant embarassante, les autorités ont été obligées de le libérer après six semaines, et les poursuites à son encontre ont été abandonnées.

Mais l’acharnement n’était pas terminé: le chef de la police de sa ville et un autre officier ont porté plainte pour diffamation, et l’ont fait condamner à l’équivalent de 2.700 euros d’amende. Récemment, lors d’une des manifestations auxquelles il participait pour demander un grand nettoyage chez la police, quatre policiers l’ont approché et lui ont recommandé de ne plus jamais remettre les pieds dans leur ville s’il voulait encore voir sa famille.

Les vidéos de Dymovsky ont crée des émules, et des gens un peu partout en Russie utilisent le même procédé due lui pour se plaindre des méfaits des représentants de l’Etat. Mais, comme le note le New York Times, le Kremlin veille à endiguer cette tendance, au sein de la police en tous cas: «Le parlement, contrôlé par le parti de Mr. Poutine, a renforcé les peines contre les officiers qui critiquent leurs supérieurs. Cela s’appelle la ‘loi Dymovsky’.»

Photo: capture d'écran de la vidéo Youtube

Slate.fr

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