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La rupture amoureuse, aussi dure que l'addiction à la cocaïne

Slate.fr, mis à jour le 27.07.2010 à 10 h 02

only the lonely / bandita via Flickr CC License By

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La rupture, ça fait mal. Pas besoin d'être un scientifique pour savoir ça, certes, mais des chercheurs de l'université new yorkaise de Stony Brook viennent de prouver à quel point ça fait mal: dans un article publié dans le Journal of Neurophysiology de juillet (article payant), les chercheurs ont observé une ressemblance entre ce que l'on ressent lors d'un rejet amoureux et les effets d'une addiction à la drogue, rapporte Science Daily:

«Cette étude d'imagerie cérébrale d'individus qui étaient toujours "amoureux" de la personne qui les a rejetés donne davantage de preuves que la passion de "l'amour romantique" est un état de motivation concentrée sur des objectifs plutôt qu'une émotion spécifique [...] Les résultats sont cohérents avec l'hypothèse que l'amour romantique est une forme spécifique d'addiction.» 

Les chercheurs rapprochent plus précisément l'état post-rupture douloureux au besoin extrême de cocaïne, et expliquent pourquoi nos actions et sentiments après un rejet amoureux sont parfois difficiles à contrôler, et peuvent amener aux mêmes résultats extrêmes (harcèlement, meurtre,  sucide, dépression clinique) partout dans le monde:

«Le rejet amoureux est une cause majeure de suicides et dépressions. Nous savions très peu de choses dessus. Comprendre les systèmes neuraux impliqués est extrêmement important pour avancer nos connaissances basiques de l'amour romantique intense en général, et des réponses au rejet en particulier.»

L'étude a été réalisée au moyen d'un petit exercice de torture détaillé par le magazine Time: quinze étudiants masculins et féminins hétérosexuels récemment célibataires et toujours intensément amoureux de leur ancien partenaire ont du fournir une photographie de l'ancien amour de leur vie aux scientifiques. Branchés sur un appareil d'imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle, les étudiants ont ensuite dû observer cette photo, avant d'effectuer un exercice de mathématiques pour se changer les idées (compter à l'envers par groupe de 7 chiffres depuis le nombre 8.211, une torture en soi), puis de regarder la photographie d'une personne «neutre» de leur entourage, et de recommencer à compter à l'envers. Tout ça, cinq fois de suite.

«On leur demande de penser à la personne qu'ils veulent voir le plus au monde. Ensuite on leur demande d'arrêter de ressentir ce besoin.»

Les zones du cerveau stimulées par la photographie d'un être aimé sont celles qui contrôlent la motivation et la récompense (déjà connue pour être impliquée dans les sentiments amoureux), celle qui est normalement associée à l'addiction et au besoin intense de drogue, et celle associée à la détresse et à la douleur physique. Plus le temps passe, moins la zone du cerveau liée au sentiment d'attachement est stimulée en regardant cette photographie.

Photo: only the lonely / bandita via Flickr CC License By 

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