Monde

Les satellites européens noyés sous les déchets

Slate.fr, mis à jour le 26.07.2010 à 15 h 22

Photo: Space Debris / keithfiore via Flickr CC License by

Photo: Space Debris / keithfiore via Flickr CC License by

Le directeur de l'Agence spatiale européenne (ASE), Jean-Jacques Dordain, a profité d'une démonstration aérienne organisée à Farnborough, au Royaume-Uni, pour attirer l'attention des gouvernements de l'Union européenne sur une menace grandissante: les collisions entre débris spatiaux et satellites en orbite autour du globe.

L'ASE a indiqué devoir modifier la trajectoire de deux satellites par mois en moyenne à cause de cette pollution flottante. Il faut dire que l'espace ressemble de plus en plus à une décharge géante: la NASA estimait il y a un an le nombre de déchets dépassant les dix centimètres de longueur à environ 19.000, à un demi-million pour ceux mesurant entre un et dix centimètres, et à des dizaines de millions pour les objets encore plus petits.

Pas question pour autant d'évoquer un nettoyage de l'atmosphère: il ne s'agit pour l'instant que de récolter un maximum d'informations afin de prévenir les collisions. À l'heure actuelle, les discussions de l'Union Européenne sur le sujet bloquent à propos de la nature civile ou militaire d'un tel système d'analyse.

Andy Pasztor, journaliste au Wall Street Journal, souligne à ce propos le retard séparant le Vieux Continent des Etats-Unis. Ces derniers ont ainsi mis en orbite depuis des années des satellites spécialisés dans la localisation de débris, et l'armée communique à ce sujet avec le civil via des procédures rôdées. Cette question devra cependant être traîtée rapidement, l'ASE prévoyant de lancer une vingtaine de satellites dédiés à la surveillance du réchauffement climatique dans les prochaines années.

En attendant, la solution miracle viendra peut-être de l'autre côté du globe. Electro Optic Systems, une entreprise australienne basée à Canberra, a annoncé la semaine dernière avoir obtenu une subvention à hauteur de 2,8 millions d'euros pour développer un tout nouveau système.

Le procédé, basé au sol, utilise les lasers pour suivre la trajectoire et la vitesse de débris à partir d'un millimètre de longueur, explique le site The Spatial Source. Des objets insignifiants qui peuvent pourtant causer des dégâts irréparables. «Le problème, c'est que tout ce qui gravite se déplace à une vitesse de 30 000 km/h. Donc à moins d'être sur la même orbite, on s'expose à des collisions qui peuvent être dévastatrices pour un satellite», déclarait Craig Smith, le PDG d'Electro Optic Systems à l'AFP.

Et de comparer la situation de l'atmosphère avec celle des océans:

«Il s'agit clairement de pollution liée à notre utilisation de l'espace. Ces cinquante dernières années, nous avons été un peu négligents, à l'image de ce que nous avons fait aux rivières et aux océans. Cette fois, il s'agit de l'espace et nous avons créé notre propre problème, car l'hommme est seul responsable de cette situation.»

Photo: Space Debris / keithfiore via Flickr CC License by

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