Monde

Qui est responsable des morts de la Love Parade?

Slate.fr, mis à jour le 26.07.2010 à 15 h 04

Love Parade 2007 - The Zivity Float via Flickr, Licence CC

Love Parade 2007 - The Zivity Float via Flickr, Licence CC

Après l’émotion qui a gagné l’Allemagne à l'annonce de la mort d’au moins 19 personnes dans un mouvement de panique à Duisburg, lors de la Love Parade, l’heure est maintenant à la recherche des responsables. Le Sueddeutsche Zeitung publie un article intitulé «L’impuissance des masses» qui s’intéresse à la manière dont les catastrophes de ce genre ont été gérées par le passé.

L’auteur part d’un constat simple: lorsque la panique éclate lors de telles manifestation, il est difficile de la contenir. Pourtant, la tragédie de Duisburg n’est pas la première et les organisateurs auraient pu s’inspirer des catastrophes passées pour éviter la tragédie.

Et de citer les débordements à Woodstock en 1969, avec des installations prévues pour 150.000 personnes qui ont au final accueilli un demi-million de personnes, les 11 morts lors d’un concert du groupe de rock The Who.  Ce dernier incident avait d’ailleurs entraîné une modification de la loi aux Etats-Unis: interdiction du placement libre au-delà de 3000 personnes. Mais il ne faudrait pas pour autant en conclure que les fans de musique pop sont des hystériques plus violents que la moyenne. En fait, de tels débordements peuvent se produire dans toutes sortes de manifestations de masse, comme en mai 1985 où un incendie dans un stade de foot à Bradford avait déclenché un mouvement de panique. Bilan: 56 morts et 200 blessés.

Mais à qui revient la faute? Question épineuse. Bien souvent, point de départ des mouvements de panique n’est pas contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’alcool, la drogue et l’ambiance surchauffée, c’est plutôt la conjugaison d'une faute dans l’organisation à des équipes de sécurité débordées. Le reste ne fait qu’accentuer et accélérer la panique. Faut-il blamer les organisateurs pour le désordre, les autorités pour leurs mauvaises décisions? Pas de réponse de l'auteur pour le moment.

Pour le Frankfurter Allgemeine Zeiting, il s'agit d'un véritable scandale et en aucun cas d'une tragédie:

«Tout le monde était averti: la ville, les policiers, les organisateurs et les conseillers scientifiques»

Une colère qui s'appuie sur des élements de réponse fournis par le  Spiegel. Un document administratif interne pointe du doigt de sérieux manques dans le dispositif de sécurite. Ce document de deux pages daté du 21 juillet 2010 adressé à la société organisatrice du festival Lopavent indique que les installations étaient conçues pour accueillir 250.000. Or, plus d’un million d’amateurs de musique techno auraient pris part au cortège.

«Le nombre maximum de personnes pouvant se trouver sur les installations en même temps doit être limité à 250.000»

Mais comme le fait remarquer le Spiegel, les précédentes Love Parade dans la région de la Ruhr avaient accueilli 1,2 millions de personnes en 2007 à Essen et 1,6 million à Dortmund en 2008. Peu de temps avant la catastrophe, les organisateurs faisaient état d’un nombre de participants s’élevant à 1,4 millions. Un chiffre que la chef de la police de Duisburg a refusé de confirmer.

Photo: Love Parade 2007 - The Zivity Float via Flickr, Licence CC

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