Monde

WikiLeaks révèle les dessous inquiétants de la guerre en Afghanistan

Temps de lecture : 2 min

Près de 92.000 documents classifiés sur six années de la guerre en Afghanistan ont fuité via le site WikiLeaks, une plateforme qui met régulièrement en ligne des documents confidentiels. Le site a partagé les documents avec trois médias internationaux, le New York Times (Etats-Unis), le Guardian (Royaume-Uni) et le Spiegel (Allemagne), qui ont pu chacun analyser la très grande quantité d’informations.

Seule condition donnée par le site: ne pas publier les analyses avant dimanche 25 juillet. Les trois médias sont d’accord sur un point: la description très détaillé de la guerre, presque un journal de bord des troupes occidentales, qui ressort des documents est plus sinistre que celle faite par les différents gouvernements impliqués.

Le Guardian écrit dans son éditorial:

«Ces carnets de bord de la guerre, écrits au plein cœur du conflit, dépeignent un conflit brutal, confus et immédiat. Un tableau très différent de l’image bien propre et aseptisée de la guerre «publique» que l’on peut apercevoir dans les communiqués officiels ainsi que les instantanés forcément limités des reportages integrés («embedded»).»

Dans une interview au Guardian, le fondateur de Wikileaks Julian Assange explique sa décision de publier les documents classifiés qui donnent un compte-rendu presque heure par heure des événements vus de l’intérieur des forces militaires de la coalition. «C’est le rôle du journalisme de s’attaquer aux abus de pouvoirs. Dans ce cas précis, ces documents vont montrer la vraie nature de cette guerre. Les populations d’Afghanistan et d’autres nations peut voir ce qu’il se passe vraiment et prendre des mesures pour régler les problèmes

Un des sujets les plus intrigants abordés dans les documents est le fonctionnement de la Task Force 373, une troupe américaine de soldats d’élite qui a pour mission de «désactiver» des leaders talibans et terroristes en les tuant ou en les capturant qui prend ses ordres directement du Pentagone, indépendamment de la chaine de commandement de l’Otan.

Pour le New York Times, la grosse révélation des documents est le fait que le Pakistan, un allié des Etats-Unis, aiderait les insurgés en Afghanistan. Le pays donnerait la permission à ses services de renseignement de rencontrer les talibans dans des sessions stratégiques secrètes pour organiser des réseaux de groupes d’insurgés qui combattent les soldats américains en Afghanistan et préparent des assassinats de leaders talibans. Des accusations rejetées lundi 26 juillet par le Pakistan à travers son ambassadeur aux Etats-Unis.

A voir aussi sur le site du Guardian, une carte avec une sélection de 300 évènements importants relatés par les documents.

A lire sur le blog d'Olivier Tesquet, «Déclassifiés», les billets sur Wikileaks

Image de Une: Un soldat américain près de Kandahar, REUTERS/Omar Sobhani

Slate.fr

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