Monde

L'armée américaine a-t-elle utilisé de l'uranium à Falloujah?

Slate.fr, mis à jour le 25.07.2010 à 16 h 02

L’armée américaine a-t-elle utilisé de l’uranium dans ses combats contre les insurgés irakiens ? La ville de Falloujah, au cœur du triangle sunnite, avait été le théâtre de violentes opérations militaires contre la «résistance» baasiste, notamment après 2004 quand quatre membres de la société de sécurité Blackwater avaient été tués. Les combats très violents avaient duré plusieurs semaines et s’étaient soldés par de nombreuses pertes du côté irakien, et surtout parmi les civils.

L’armée américaine avait fini par admettre qu’elle avait utilisé des munitions au phosphore blanc. Aujourd’hui, selon The Independent, des chercheurs et militants menés par le Britannique Chris Busby (expert en radiation et auteur d'une étude sur le syndrome de la guerre du Golfe, forcément controversée) estiment que d’autres substances plus toxiques ont été utilisées. Depuis 2005, les médecins de Falloujah se plaignent de la forte baisse du nombre de naissance et de l’augmentation du nombre de cancers parmi les habitants de la ville.

Une étude récente vient de conforter leurs impressions : il y aurait bien quelque chose d’inhabituel qui serait arrivé dans la ville depuis l’époque des combats. Les recherches — qui ont porté sur près de 5.000 personnes en janvier et février 2010 — montre désormais que le taux de cancer a été multiplié par quatre, tandis que les cancers parmi les enfants de moins de 14 ans ont été multipliés par 12. Dont les leucémies, multipliés par 38 : c’est le double de ce qui a été constaté parmi les survivants d’Hiroshima.

Autre donnée dramatique : la baisse des naissances d’enfants de sexe masculin, en chute de 18%, ce qui, selon The Independent, est l’indication d’un dommage génétique. Ce n’est d’ailleurs pas tant les nombres qui frappent les chercheurs, mais la vitesse à laquelle les maladies se développent.

Personne ne connaît réellement la raison de ces chiffres, mais un des responsables de l’étude estime que ce changement ne peut arriver qu’en cas d’exposition majeure à un élément mutagène. De quoi suspecter les Marines américains d’avoir utilisé des munitions qui contiennent de l’uranium, affirme le responsable de l’étude. L’uranium appauvri, utilisé notamment pour renforcer les obus antichar, ne serait pas nocif, assurent de leur côté les militaires américains.

Photo: char américain Abrams à Falloujah. DOD

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