Life

Un procès pour avoir dessiné un lapin

Slate.fr, mis à jour le 21.07.2010 à 12 h 14

L’histoire ressemble à celle de beaucoup de professeurs dépassés par leur élèves. Focus rapporte qu’une allemande de 60 ans, professeur de géographie à Vechta, souffre d’une phobie des lapins. Si elle aperçoit l’animal, qu’il soit en chair et en os ou un simple dessin, elle perd tout contrôle et s’enfuit de en courant. Réaction adolescente classique, une élève de 16 ans en a profité: elle a dessiné un lapin sur le tableau, provoquant la panique de sa prof. Sauf que l’histoire ne s’est pas arrêtée là. La prof en question a déposé une plainte devant le tribunal. Et le procès –perdu par la plaignante– a passionné jusqu’à la télévision russe.

Ce n'était pas la première fois, que la femme était confrontée à ce type de problèmes. Il y a quelques années la plaignante travaillait dans une autre école à 10 km de son établissement actuel. Une élève avait alors dessiné un lapin au tableau, provoquant la terreur de son professeur. L’affaire avait été portée en conseil de discipline et l’élève dissipée avait été tenue de garder le silence sur cette rumeur. L’histoire aurait du s’arrêter là. Mais pas de chance pour la phobique, une des élèves de cette école a également changé d’établissement pour des raisons indépendantes et s’est retrouvée elle aussi à Vechta, là où se sont produits les faits. Sachant comme les rumeurs circulent dans les cours de récréation, l’histoire ne lui avait bien entendu pas échappé.

La phobique des lapins exigeait que la jeune fille ne puisse pas dessiner de lapins à nouveau et cesse de répandre la rumeur au sujet de la présuposée phobie de son professeur. Mais le juge a estimé que la plainte pour fausses allégations était irrecevable. D’autant que parmi les témoins, une élève a confirmé que la prof sortait effectivement de la salle de cours en pleurant aussitôt qu’elle apercevait un dessin de lapin, et qu'il ne s'agit donc pas d'une rumeur mais d'un fait avéré.

Le Spiegel s’interroge lui sur les motifs de cette affaire. S’agit-il d’un véritable cas de phobie? Dans ce cas là, entre en compte une problématique médicale. Ne sommes-nous pas plutôt dans une simple affaire de harcèlement moral? La plaignante cherchant alors à retrouver son honneur perdu face à ses élèves via une procédure judiciaire. Le tribunal s'est retrouvé à devoir décider s'il s'agissait de la réaction excessive d’un professeur ultrasensible ou de l’acharnement d’un élève. L’article part du principe que la femme a souhaité protéger son honneur et qu’il s’agit de harcèlement. Visiblement affaiblie par l’histoire, le Spiegel précise que la plaignante est actuellement en congé maladie. Quant à l’élève, très touchée par l’affaire, elle a redoublé son année et ne s’est pas rendue au procès.

Photo: dibujo / conejo (Gastón)/ Kamilot via Flickr CC Licence By

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