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Plongée dans le monde du renseignement américain

Slate.fr, mis à jour le 20.07.2010 à 17 h 24

Le siège de la CIA (Agence centrale de renseignements),Larry Downing / Reuters

Le siège de la CIA (Agence centrale de renseignements) McLean, Virginie,Larry Downing / Reuters

Le Washington Post a commencé lundi 19 juillet une série d’articles intitulée «Top Secret America» –le fruit d’une enquête de deux ans sur le monde en pleine explosion du renseignement secret financé par le gouvernement. Les articles font partie d'un dossier multimédia très fouillé, composé de cartes et d'infographies d'une richesse impressionante qui permetttent d'explorer les connections entre toutes les agences concernées, et d'avoir un aperçu de leurs compétences et champs d'action.

Les reporters Dana Priest et William Arkin ont trouvé que, dans les années qui ont suivies le 11-Septembre, au moins 263 nouvelles organisations ont été crées ou réorganisées, et des centaines de milliards de dollars ont été dépensés pour la sécurité nationale.

Neuf ans plus tard, «1.271 organisations gouvernementales et 1.931 entreprises privées travaillent sur des programmes liés au contreterrorisme, à la sécurité intérieure et au renseignement dans environ 10.000 endroits à travers les Etats-Unis» explique le journal, et ces organisations emploient 854.000 personnes ayant des autorisations de sécurité «top-secret» à travers le pays.

Mais plutôt que d’améliorer la sécurité nationale, la croissance incontrôlée du renseignement a créé des redondances et des querelles de clocher, et Priest et Arkin concluent que le système est devenu si important «que son efficacité est impossible à déterminer». Parce que la plupart des informations sur le renseignement sont confidentielles, Priest et Arkin se sont appuyés sur des dossiers disponibles au public et des centaines d’entretiens avec des responsables fédéraux, militaires ou du secteur privé, y compris le secrétaire de la Défense Robert Gates, le directeur de la CIA Leon Panetta, et l’ancien directeur du renseignement national Dennis Blair.

Alors que les dépenses de défense continuent à s’accumuler, Priest et Arkin affirment que le système de renseignement américain est devenu son propre pire ennemi. A chaque nouvel incident de sécurité, comme la fusillade de Fort Hood ou l’attentat manqué de Noël, les responsables du renseignement réclament plus d’argent et d’analystes, ce qui contribue à empirer deux des plus gros problèmes du système: l’excès d’information et le manque de coordination.

Malgré une surcharge de données (la National Security Agency traite par exemple 1,7 milliards d’informations chaque jour), les organisations gâchent des millions sur des rapports peu originaux écrits par des analystes, ce qui crée encore plus de pagaille dans laquelle il faut chercher quand on est sur une piste.

Les efforts pour synthétiser la récolte et le partage de l’information a également échoué. «Qui a pour mission de réduire les redondances?» demande l’ancien directeur du Commandement central du renseignement américain. «Qui orchestre ce qui est produit pour que tout le monde ne produise pas la même chose?» 

A LIRE AUSSI: «L'impossible réforme des services de renseignements américains» ; «Cinq mythes sur la lutte contre le terrorisme», «Al Qaida est de retour» et «Bush a-t-il protégé l'Amérique après le 11 septembre?»

Image de Une:  Le siège de la CIA (Agence centrale de renseignements) McLean, Virginie,Larry Downing / Reuters

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