France

Un film, parce que la saga Bettencourt le vaut bien

Slate.fr, mis à jour le 19.07.2010 à 15 h 46

L'occasion était trop belle... Le potentiel de telenovela à succès  de l'affaire Bettencourt, déjà à rebondissements multiples, s'est trop accru dans les dernières semaines pour que le monde de la fiction reste indifférent...et cela n'a pas échappé à Michel Hazanavicius, le réalisateur des deux OSS 117: d'après une information sortie par Mediapart (article payant), celui-ci s'est déjà mis au travail pour sortir une adaptation de la saga sur nos écrans.

L'idée, du producteur Thomas Langmann –déjà derrière le diptyque Mesrine– date de la première affaire Banier-Bettencourt il y a deux ans, quand le photographe était accusé de manipuler l'héritière de l'Oréal. Claude Chabrol et Xavier Beauvois ont été également sollicités par Langmann mais Hazanavicius est en tête de liste, d'après Mediapart. Le film s'intitulerait Parce que je le vaux bien et devrait être tourné à l'été 2011 dans les Seychelles.

En attendant plus de détails, il nous reste à spéculer sur ce que nous réserve Hazanavicius, également connu pour la culte Classe Américaine: Ecrans s'interroge, sur le casting: qui sera Liliane Bettencourt, qui incarnera Eric Woerth?

«Jeanne Moreau serait formidable» pour incarner la généreuse héritière, a assuré Langmann. Ecrans «aurait plutôt imaginé Annie Girardot pour diverses raisons, mais soit».

Pour Eric Woerth, Ecrans a sa propre idée: Jean-Pierre Daroussin, dont il démontre la ressemblance, preuve –solide!– à l'appui: l'ajout de lunettes avec le logiciel Paint. Mais pour qu'il y ait un Eric Woerth, encore faut-il que le long-métrage s'attaque au scandale des dernières semaines...

Car une adaptation, soit, mais comment, et jusqu'où, s'interroge le site. Quelle part de réalisme subsistera? Les noms seront-ils changés? En cas de scénario très proche du réel, il faut se méfier de l'influence de Liliane Bettencourt ou des autres protagonistes, dont il faut espérer qu'ils ne cherchent pas «à mettre des bâtons dans les roues de la production», prévient Ecrans, qui rappelle que si Carlos n'a pas pu dissuader Olivier Assayas de réaliser un biopic, la fortune de l'héritière Bettencourt pourrait lui être utile pour faire pression sur Langmann.

Ecrans semble en tout cas se réjouir qu'Hazanavicius soit en charge du projet, évoquant Derrick contre Superman «qui s'en prenait déjà au grand capital». Vodkaster, moins enthousiaste, souligne:

«Ironie du sort, cette histoire de gros sous revient à l'homme qui a produit le film le plus cher (et le plus désastreux?) de l'histoire du cinéma français: Astérix aux jeux Olympiques»

Que penser de cette adaptation? Opportuniste, cette manière de flairer un bon coup, de voir dans cette saga rocambolesque la garantie d'un gros chiffre d'affaires? Sans doute. Mais tourner ce scandale en fiction peut aussi être une manière de souligner son ampleur même. 

Ce qu'il y a d'étonnant, c'est en fait que la France soit presque novice là dans le traitement cinématographique d'une affaire politique aussi fraîche, quand l'Angleterre et les Etats-Unis «arrivent depuis longtemps à rire des péripéties de leur classe politique», remarque Ecrans.

En témoigne récemment la comédie politique anglaise In the Loop d'Armando Iannucci qui dépeint sans n'épargner personne les tractations entre Londres et Washington avant l' invasion de l'Irak. Ceci sans compter la kyrielle de films politiques que l'on compte dans la filmographie hollywoodienne : Nixon, JFK, Malcom X, Les hommes du président...

 

Photo de Une: Liliane Bettencourt sur TF1 le 2 juillet 2010, capture vidéo

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