France

«Rigueur»: le mot est lâché

Slate.fr, mis à jour le 16.07.2010 à 17 h 38

Le gouvernement commencerait-il à assumer sur la scène médiatique sa politique de réduction des coûts? Pour la première fois, le Premier ministre François Fillon a évoqué en public la notion de «rigueur» lors d'une visite au Japon, le vendredi 16 juillet:

«Nous sommes très attentifs à ne pas prendre des mesures qui viendraient stopper la croissance, qui viendraient même handicaper l'effort de recherche et d'innovation [...] C'est la raison pour laquelle dans tous les budgets de l'Etat, le seul qui n'est pas soumis à la rigueur, c'est le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche.»

Salué selon lefigaro.fr par le chef des sénateurs UMP Gérard Longuet, le choix du mot «rigueur» amorce un changement dans la communication de la majorité, habituée jusque là à jouer de la paraphrase, mis à part une première inflexion le 6 juillet, quand la Ministre de l'Economie et des Finances Christine Lagarde avait proposé le concept de «rilance», mi-rigueur et mi-relance. Plus tôt, le 10 mai, lors d'une interview à Europe 1 le 10 mai le porte-parole du parti Frédéric Lefebvre avait évoqué une «République rigoureuse»

Lemonde.fr rappelle également que la majorité a longtemps banni le mot «rigueur» de ses éléments de langage. En effet, l'expression est très impopulaire auprès des Français depuis le «tournant de la rigueur» adopté par François Mitterrand en 1983.  A l'époque, le président socialiste avait dû se résoudre à assainir les finances publiques, après avoir critiqué à multiples reprises «l'austérité» prônée par Raymond Barre lors des dernières années du septennat de Valéry Giscard d'Estaing.

Ainsi, lundi soir, lors de son intervention télévisée sur France 2, le président de la République Nicolas Sarkozy s'était refusé à qualifier sa politique de «rigueur». De même pour François Fillon le 25 mai, alors qu'il venait d'annoncer un gel des dépenses publiques jusque 2013:

«Il y a des pays qui baissent les rémunérations des fonctionnaires, il y a des pays qui licencient des fonctionnaires, il y a des pays qui réduisent de façon drastique, il y a des pays qui augmentent de plusieurs points la TVA. Si on était amené un jour à mener une politique comme celle-là, oui je dirais que c'est une politique de rigueur».

Photo: François Fillon, le 11 avril 2008, lors d'une conférence avec le premier ministre japonais Yasuo Fukuda dans sa résidence officielle / Franck Robichon / Reuters

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