Life

Mel Gibson, Polanski et la morale d'Hollywood

Slate.fr, mis à jour le 15.07.2010 à 17 h 54

 

Un monde de compétition où l'éthique n'a plus sa place. C'est le sentiment inspiré au Christian Science Monitor par les affaires Gibson et Polanski. A la lumière des deux scandales, le site prédit la perte des valeurs morales de nos sociétés contemporaines. Dans un article intitulé «Mel Gibson et Roman Polanski: sont-ils bannis à jamais?», le quotidien revient en détails sur la culture de compétition dans laquelle un acteur «bad boy» est malgré tout plutôt bien vu par le public américain.

Le cinéaste franco-polonais, poursuivi par la justice américaine pour le viol d'une fillette de 13 ans, est en exil doré en Suisse, qui a décidé de ne pas l'extrader, comme le réclamait la justice  américaine. Quant à Mel Gibson, il est sous le feu des projecteurs depuis que son ex-compagne Oksana Grigorieva a rendu public des enregistrements sonores dans lesquels il tient des propos racistes sur les noirs.

A la suite de ces deux affaires qui font les choux gras de la presse people, le Christian Science Monitor tente ainsi de redéfinir la notion de paria, notamment à l'aide d'Alan Wolfe, auteur de La liberté de la morale: recherche de la vertu dans un monde de choix, qui explique:

«L'idée du paria suggère des standards sociaux communs sur lesquels tout le monde est d'accord. Dans un monde marqué par l'échange culturel et l'interaction croissante entre différents systèmes de valeurs morales, l'idée d'une condamnation morale uniforme tend à disparaître à un rythme très rapide»

Conséquence de cette disparition, des parias comme Mel Gibson et Roman Polanski ne sont touchés par le scandale qu'éphémèrement:

Le rabin Shmuley Boteach dénonce lui aussi une culture de l'esprit de compétition qui prévaut sur tout, même sur la morale:

«De nos jours, quand un enfant triche aux examens, le message qu'il reçoit n'est pas "C'est mal de tricher" mais "C'est mal d'avoir une mauvaise note". La seule chose que l'on punit maintenant, c'est l'échec»

Les deux affaires inspirent à un journaliste d'Aolnews un sentiment d'injustice, dans un article qu'il titre «Pourquoi Hollywood fuit Mel Gibson et embrasse Roman Polanski» Il rappelle que Roman Polanski, en exil en Europe depuis 1977, coule des jours tranquilles à Gstaad, en Suisse, au moment même où Mel Gibson, banni par Hollywood, est en train de perdre des contrats juteux.

«Le viol est un crime mais le racisme n'en n'est pas un», dénonce t-il. Soutenir ouvertement un violeur, qui a reconnu son crime, et fuir un présumé raciste est, selon le site, un indicateur de l'hypocrisie hollywoodienne. 

Photo: Roman Polanski/ Ina Fassbender / Reuters

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