France

Forêt de Compiègne: une nouvelle «affaire Woerth»?

Slate.fr, mis à jour le 14.07.2010 à 12 h 28

Une nouvelle «Affaire Woerth»? Selon le Canard Enchaîné et Marianne, l’actuel ministre du Travail a autorisé, lorsqu'il était encore ministre du Budget, la vente à de ses connaissances d'une parcelle de la forêt de Compiègne (Oise) à un prix très inférieur au marché. Montant de la vente imposée par arrêté à l’Office Nationale des Forêts : 2,5 millions d’euros au bénéfice du concessionnaire de ce terrain de 57 hectares, la Société des courses de Compiègne (SCC). Dix fois moins que sa valeur réelle, avancent les deux hebdos.

Selon le Canard, la vente s'est faite sans enchères, ni appel d'offres alors que les sociétés de courses ne peuvent bénéficier d'un tel privilège selon une décision du Conseil d'Etat de 1979. Normal et justifié, se défend le ministère du Budget: la société de course de qui possédait un bail de 12 ans était propriétaire des bâtiments déjà existant. «La société de course payait 50.000 euros par an, soit un rendement locatif de 2% par an. Ce n'est pas intéressant pour l'Etat de toucher 2% par an, dans ces cas là il vaut mieux vendre», ajoute le ministère du Budget.

D'après le ministère, contacté par l’AFP, «le droit forestier et domanial permettent la vente d'une partie d'un domaine public forestier à trois conditions»: une parcelle de moins 150 hectares, l'absence d'impact écologique et qu'il ne s'agisse pas d'une exploitation forestière. Ce serait le cas de ce domaine, qui comprend un hippodrome et un golf.

 Ces soupçons d’irrégularité sont renforcés par l’implication personnelle du ministre et la rapidité de la transaction, six jours avant le remaniement gouvernemental qui l’a vu passer du Budget au Travail. Marianne publie en effet une lettre de Woerth qui montre qu’il s'est occupé personnellement du dossier et qu'il a donné son accord à cette vente.

 Le Canard Enchaîné écrit également que le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, «s'était battu contre cette vente qu'il jugeait illégale», l'hippodrome appartenant à la forêt de Compiègne. Le président de la Société des courses de Compiègne jusqu'alors locataire des lieux, Antoine Gilibert, serait un «familier de Chantilly, de son hippodrome et de son maire Eric Woerth», écrit encore l’hebdomadaire satirique. Il est aussi l'un des dirigeants de France Galop, association dont Florence Woerth, épouse de l'actuel ministre du Travail, fait partie depuis 2003.

 Interrogé par Reuters, Florence Woerth voit dans cet article «une nouvelle marque de la détermination de ceux qui cherchent à nuire à la famille Woerth», a déclaré son avocat, Me Antoine Beauquier.

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