France

Vie de meuf = vie de merde

Slate.fr, mis à jour le 13.07.2010 à 15 h 04

We Can Do It poster for Westinghouse / J. Howard Miller via Wikimedia

We Can Do It poster for Westinghouse / J. Howard Miller via Wikimedia

«Je passe avec un jury composé d'une femme et d'un homme. A la fin de l'entretien, la femme me raccompagne, et m'explique que mon dossier est bon, mais qu'ils préfère un homme pour le poste "vous savez, c'est dur comme boulot, c'est un milieu diffcile"... Alors qu'elle-même est la responsable de communication. #viedemeuf» 

Ce témoignage, laissé par «comcom», est à l'image de la dizaine d'autres déjà en ligne sur le blog Vie de meuf, lancé lundi 10 juillet par le réseau Osez le féminisme.

Créé en 2009 pour défendre le Planning Familial dont le budget était menacé, le réseau a lancé ce blog à la veille du 27e anniversaire de la première loi sur l'égalité professionnelle. Pour Osez le féminisme, la situation n'a pas beaucoup évolué en terme d'inégalités hommes-femmes dans les contrats, les congés parentaux, les retraites, les discriminations à l'embauche, etc.

«27 ans après la première loi sur l'égalité professionnelle, les femmes touchent toujours des salaires inférieurs de 27% à ceux des hommes et constituent 80% des travailleurs précaires», dénonce le réseau, qui entend faire de son blog une plateforme «pour mettre en lumière ces inégalités flagrantes entre les femmes et les hommes dans le monde du travail et exiger des mesures de la part des pouvoirs publics».

Inspiré par le site Vie de merde, où les internautes sont invités à raconter leurs ennuis quotidiens et à finir leurs anecdotes d'un «#VDM», le blog Vie de meuf propose aux internautes féminines de poster leurs soucis professionnels liés à des discriminations, et à les finir d'un «#viedemeuf».

La date de lancement du blog a aussi été choisie pour marquer le coup alors qu'Eric Woerth a présenté son projet de loi de réforme des retraites au Conseil des ministres. Alors que Capital.fr lui demandait comment limiter l'impact de la réforme sur les femmes, qui se retrouvent encore plus pénalisée par le report de l'âge de la retraite à taux plein à 67 ans, et perçoivent déjà une pension moins grande que celle des hommes, le ministre a répondu:

«La question majeure n'est pas ici la retraite, mais plutôt l'inégalité salariale entre les hommes et les femmes. Il s'agit là d'un scandale absolu auquel nous allons nous attaquer. D'ici la fin de l'année, les entreprises devront rendre public leur rapport de situation comparée sur l'emploi des hommes et des femmes. Et si elles ne jouent pas le jeu, il y aura des sanctions financières»

Mais Osez le féminisme rappelle que le gouvernement a en fait reculé: la loi de 2006 sur l'égalité prévoyait une sanction sur l'absence de négociations prévues par le code du travail, tandis que ce qu'Eric Woerth demande aujourd'hui est une sanction si les entreprises ne publient par leurs chiffres en matière d'égalité. 

Dans Les Echos, la nouvelle présidente de la Halde Jeannette Bougrab déclarait que la Haute Autorité de lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité comptait s'auto-saisir de la question de la retraite des femmes, parce qu'elles sont «les premières victimes de discriminations dans le monde du travail» et que «ces inégalités criantes» se retrouvaient au moment de la retraite.

Photo: We Can Do It poster for Westinghouse / J. Howard Miller via Wikimedia 

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte