Monde

Roman Polanski libéré par la Suisse

Slate.fr, mis à jour le 12.07.2010 à 15 h 55

Roman Polanski/ Ina Fassbender / Reuters

Roman Polanski/ Ina Fassbender / Reuters

La ministre de la Justice et de la Police suisse, Eveline Widmer-Schlumpf, a annoncé lundi 12 juillet lors d’une conférence de presse à Berne que la Suisse n’extradera pas Roman Polanski, comme le réclamait la justice américaine.  Le ministère de la Justice met également fin à l’assignation à résidence du cinéaste, qui est donc laissé libre de ses mouvements.

La décision n’est pas un jugement des faits reprochés au cinéaste explique Le Temps:

«La Suisse n’avait pas à qualifier ces actes mais seulement à se prononcer sur la validitié de la demande américaine d’extradition, selon Eveline Widmer-Schlumpf. Or [celle-ci] pouvait présenter un vice. »

Cette annonce fait suite à plusieurs mois d'incertitude concernant le sort du réalisateur. Roman Polanski avait été interpellé à son arrivée à l'aéroport de Zurich le 26 septembre 2009 sur mandat international américain. La justice américaine lui reproche d'avoir eu des relations sexuelles avec Samantha Geimer, en mars 1977, alors que celle-ci était âgée de 13 ans. Jugé pour viol, le cinéaste s'était enfui des Etats-Unis avant le prononcé du jugement.

Il a été libéré sous caution le 4 décembre 2009 et mis en résidence surveillée dans son chalet de Gstaad. La justice américaine le voulait présent lors de son procès à Los Angeles. En d'autres termes, pas question d'un jugement par contumace pour le réalisateur. La cour d'appel du 2e district de Californie a également rejeté la demande de la victime, Samantha Geimer, d'abandon des poursuites.

Le cinéaste avait reçu de nombreux soutiens en France au moment de son arrestation, notamment de la part de Bernard Kouchner, du ministre de la culture Frédéric Mitterand ou encore de Jack Lang ou Bernard Henri-Lévy. Mais malgré sa double nationalité française et polonaise, la France ne pouvait rien pour lui sur le plan juridique. Lors de son séjour aux Etats-Unis en mars, Nicolas Sarkozy avait remis à Barack Obama une lettre de Roman Polanski dans laquelle le cinéaste expliquait pourquoi cela ne servirait à rien qu'il soit extradé. Une démarche qui n’avait pas suffi et un raisonnement qui n'a pas été entendu par le juge américain.

Photo: Roman Polanski/ Ina Fassbender / Reuters

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