France

La droite soulagée par le rapport de l'IGF

Slate.fr, mis à jour le 12.07.2010 à 17 h 41

L'Inspection générale des finances (IGF) a rendu comme prévu son rapport (pdf) dimanche 11 juillet sur l'intervention d'Eric Woerth dans le dossier fiscal de Liliane Bettencourt lorsque celui-ci était Ministre du budget. Selon l'IGF, le ministre du Travail n'a joué aucun rôle dans le dossier fiscal de Liliane Bettencourt:

«Eric Woerth, durant la période où il était ministre du Budget, n'est pas intervenu auprès des services placés sous son autorité pour demander, empêcher ou orienter une décision ou un contrôle portant sur Liliane Bettancourt, François-Marie Banier et de Patrice de Maistre, ainsi que sur les sociétés Téthys et Clymène.»

Au lendemain de la publication du rapport, Eric Woerth, qui est la cible d'accusations de conflit d'intérêts depuis plusieurs semaines, a fait part de son soulagement  et de sa satisfaction au micro d'Europe 1: «Je suis énormément soulagé puisque c'est ce que je dis depuis trois semaines. Enfin, on me croit». Il a également défendu l'impartialité du rapport, remise en question par certains: «C'est une instruction médiatico-politique qui est systématiquement à charge. L'IGF ne va pas chercher ses ordres vers ceux dont elle dépend administrativement. Dire cela est insultant à l'égard des inspecteurs des finances qui ont mené cette mission».

 

L'UMP souligne aussi que Jean Bassères, le chef de l'IGF qui a mené le rapport, est classé à gauche et qu'il était un collaborateur des ministres socialistes Michel Sapin et Laurent Fabius. Le parti a publié un communiqué expliquant qu'il se «réjouit des conclusions» du rapport:

«Ce rapport vient mettre un terme à la suspicion volontairement entretenue à l'encontre d'Eric Woerth et à des semaines de malveillance. La dignité devrait amener certains qui ont dépassé les bornes à présenter leurs excuses à un homme qui a été insulté et sali injustement en devenant principal victime d'une chasse organisée qui a permis à ses détracteurs de détourner l'attention des Français de la réforme des retraites.»

Eric Woerth a également ouvert la porte pour la première fois à une éventuelle démission de son poste de trésorier de l'UMP. A la question de savoir s'il envisageait de démissionner, le ministre a en effet répondu: «Je vais y réfléchir».

Xavier Bertrand a quant à lui réitéré ses attaques contre le site Mediapart, qui est au cœur des révélations de l'affaire Woerth/Bettencourt:

«Des méthodes qui ont été utilisées sont des méthodes fascistes. Quand vous savez pertinemment que ce que vous annoncez à la «une» de votre site est un mensonge; quand vous savez que vous avez placé dans la bouche de l'ex-comptable des contre-vérités pour faire croire quoi? [...] Ce sont des méthodes que l'on a connues.»

Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, avait décidé de porter plainte contre le ministre pour des déclarations similaires la semaine dernière.

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Photo: Eric Woerth, Jacky Naegelen / Reuters 

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