Science & santé

L'infirmière espagnole infectée par Ebola a contacté les services de santé trois fois avant d'être placée en quarantaine

Elliot Hannon, traduit par Grégor Brandy, mis à jour le 09.10.2014 à 11 h 27

Des manifestantes demandent la démission d'Ana Mato, la ministre de la santé, le 8 octobre 2014, devant l'hôpital Carlos III, où une infirmière a contracté Ebola en traitant un patient. / Paul Hanna-REUTERS

Des manifestantes demandent la démission d'Ana Mato, la ministre de la santé, le 8 octobre 2014, devant l'hôpital Carlos III, où une infirmière a contracté Ebola en traitant un patient. / Paul Hanna-REUTERS

L'arrivée récente d'Ebola sur les sols américain et espagnol a montré de sérieuses failles dans la réponse des gouvernements environnementaux au virus. Aux Etats-Unis, Eric Duncan –qui est mort des suites de la maladie, mercredi– a été renvoyé chez lui avant d'être testé positif pour Ebola, quelques jours plus tard. Il avait pourtant déclaré lors de l'examen initial qu'il revenait tout juste du Liberia.

Mercredi, plusieurs jours après que le test de l'infirmière Teresa Romero Ramos est revenu positif, des informations venues d'Espagne ont commencé à raconter à quoi ressemblait la dramatique réponse du pays à Ebola.

Dramatique à quel point?

Pour commencer, l'infirmière n'a été placée en quarantaine que cinq jours après l'apparition des premiers symptômes.

Selon The Guardian, «elle a dit au moins à trois reprises aux services de santé espagnols qu'elle avait de la fièvre, avant d'être placée en quarantaine». Il y a eu un manque de réaction et ce, malgré le fait que Teresa Romero Ramos a contracté le virus parce qu'elle travaillait directement avec un patient qui avait été infecté en Sierra Leone et qui était revenu en Espagne pour se faire soigner.

Voici un peu plus de ce que raconte le Guardian –qui s'appuie sur le quotidien espagnol El País– sur l'enchaînement des évènements:

«Le premier contact de Teresa Romero Ramos avec les responsables de la santé a eu lieu le 30 septembre, quand elle s'est plainte d'une légère fièvre et de fatigue. Elle a appelé un service spécialisé et consacré aux risques du métier d'infirmière à l'hôpital Carlos III où elle travaillait et avait soigné un patient atteint d'Ebola, explique Antonio Alemany, le directeur des soins de santé primaire de la Communauté de Madrid.

Mais comme la fièvre de l'infirmière n'avait pas encore atteint 38,6°C, on lui a conseillé de se rendre dans une clinique locale, où on lui a prescrit du paracetamol. Quelques jours plus tard, selon El País, Teresa Romero Ramos a à nouveau appelé l'hôpital pour se plaindre de sa fièvre. Rien ne s'est passé.

Le lundi, elle a appelé une nouvelle fois l'hôpital Carlos III, en disant, cette fois, qu'elle allait très mal. Plutôt que de la transporter vers l'hôpital qui avait traité les deux missionaires atteints d'Ebola, on lui a demandé de contacter les services d'urgence et de se rendre dans l'hôpital le plus proche de chez elle. Une ambulance l'a amenée à l'hôpital d'Alcorcón, mais comme le raconte El País, les ambulanciers ne portaient pas d'équipement adapté et n'étaient donc pas protégés.

Une fois arrivée à l'hôpital, Teresa Romero Ramos a averti l'équipe médicale qu'elle craignait d'avoir contracté Ebola. Malgré les avertissements, elle est restée sur un lit, aux urgences, pendant qu'elle attendait les résultats de ses tests. Elle n'était séparée des autres patients que par des rideaux, a expliqué l'hôpital, mardi.»

«Mercredi matin, le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a lancé un appel au calme et a promis la transparence maximale sur la gestion de la crise», rapporte le Guardian.

Elliot Hannon
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