La vie de tous les jours dans un camp d'internement japonais en 1943
Histoire

La vie de tous les jours dans un camp d'internement japonais en 1943

Ansel Adams était déjà célèbre dans le monde entier pour ses photos avant-gardistes de l'Ouest américain quand il a été invité par son ami Ralph Merritt à documenter le camp d'internement de Manzanar –où des milliers de Japonais américains ont été placés pendant la Seconde Guerre mondiale– qu'il dirigeait. C'était un choix de carrière risqué pour un homme qui avait une place à part dans la photographie de paysages, mais Adams a été forcé à observer la situation là-bas et à en laisser une trace. Cinquante de ses photographies sont exposées jusqu'au 21 février dans le cadre de l'exposition «Manzanar: The Wartime Photographs of Ansel Adams», de la Photographic Traveling Exhibitions, au Skirball Cultural Center de Los Angeles.


	Manzanar depuis le poste de garde, 1943 | Ansel Adams. Collection privée. Avec l’aimable autorisation de Photographic Traveling Exhibitions
	 

Manzanar depuis le poste de garde, 1943 | Ansel Adams. Collection privée. Avec l’aimable autorisation de Photographic Traveling Exhibitions
 


	À gauche: Benji Iguchi avec un tracteur, 1943. À droite: Un élevage de volaille, Mori Nakajhima, 1943  | Ansel Adams. Collection privée. Avec l’aimable autorisation de Photographic Traveling Exhibitions

	 

	Lors de la Seconde Guerre mondiale, plus de 110.000 Japonais et Sino-Américains ont été détenus dans dix camps, le long de la côte ouest. Plus de 11.000 d'entre eux, dont la majorité venait de Los Angeles et ses environs, ont été détenus à Manzanar, en Californie, de 1942 à 1945. Adams y a fait plusieurs voyages entre 1943 et 1944.

	 

	«Il avait le sentiment que c'était une injustice, et il avait fini par réaliser des interviews des gens présents dans le camp, et demandait aux gens de raconter ce qu'ils avaient vécu, comment ils se sentaient avant cette incarcération, s'ils avaient été victimes de préjugés racistes avant la guerre. Il essayait de capturer ce qui était présent devant lui, mais il voulait aussi savoir qui étaient ces personnes. Il voulait mettre en avant leur loyauté en tant que citoyens américains», explique Linde B. Lehtinen, la conservatrice assistante.

À gauche: Benji Iguchi avec un tracteur, 1943. À droite: Un élevage de volaille, Mori Nakajhima, 1943  | Ansel Adams. Collection privée. Avec l’aimable autorisation de Photographic Traveling Exhibitions

 

Lors de la Seconde Guerre mondiale, plus de 110.000 Japonais et Sino-Américains ont été détenus dans dix camps, le long de la côte ouest. Plus de 11.000 d'entre eux, dont la majorité venait de Los Angeles et ses environs, ont été détenus à Manzanar, en Californie, de 1942 à 1945. Adams y a fait plusieurs voyages entre 1943 et 1944.

 

«Il avait le sentiment que c'était une injustice, et il avait fini par réaliser des interviews des gens présents dans le camp, et demandait aux gens de raconter ce qu'ils avaient vécu, comment ils se sentaient avant cette incarcération, s'ils avaient été victimes de préjugés racistes avant la guerre. Il essayait de capturer ce qui était présent devant lui, mais il voulait aussi savoir qui étaient ces personnes. Il voulait mettre en avant leur loyauté en tant que citoyens américains», explique Linde B. Lehtinen, la conservatrice assistante.


	Des écolières, 1943 | Ansel Adams. Collection privée. Avec l’aimable autorisation de Photographic Traveling Exhibitions

Des écolières, 1943 | Ansel Adams. Collection privée. Avec l’aimable autorisation de Photographic Traveling Exhibitions


	Baseball, 1943 | Ansel Adams. Collection privée. Avec l’aimable autorisation de Photographic Traveling Exhibitions

	 

	Les photos d'Adams dépeignent la vie de tous les jours à Manzanar. On y trouve des portraits des personnes internées et des paysages du camp. Elles amènent ceux qui les regardent dans les quartiers et montrent les activités récréatives comme le baseball et le jardinage. Même si Adams avait un large accès au camp, il n'avait pas le droit de prendre en photo les barbelés ni les postes de garde, et toutes ses photos devaient être approuvées par l'autorité du relogement de la guerre (WRA).

	 

	Adams n'est pas le seule personne à avoir documenté Manzanar. La légendaire photographe-documentaire Dorothea Lange s'y était rendue un an avant pour le gouvernement américain. Le photographe américain Toyo Miyatake, qui était né au Japon et qui était détenu à Manzanar, a également pris des photos lors de sa détention. Miyatake a fait la visite guidée d'Adams et Adams l'a photographié avec sa famille.

Baseball, 1943 | Ansel Adams. Collection privée. Avec l’aimable autorisation de Photographic Traveling Exhibitions

 

Les photos d'Adams dépeignent la vie de tous les jours à Manzanar. On y trouve des portraits des personnes internées et des paysages du camp. Elles amènent ceux qui les regardent dans les quartiers et montrent les activités récréatives comme le baseball et le jardinage. Même si Adams avait un large accès au camp, il n'avait pas le droit de prendre en photo les barbelés ni les postes de garde, et toutes ses photos devaient être approuvées par l'autorité du relogement de la guerre (WRA).

 

Adams n'est pas le seule personne à avoir documenté Manzanar. La légendaire photographe-documentaire Dorothea Lange s'y était rendue un an avant pour le gouvernement américain. Le photographe américain Toyo Miyatake, qui était né au Japon et qui était détenu à Manzanar, a également pris des photos lors de sa détention. Miyatake a fait la visite guidée d'Adams et Adams l'a photographié avec sa famille.


	Mausolée dans un cimetière, Mt. Williamson, 1943 | Ansel Adams. Collection privée. Avec l’aimable autorisation de Photographic Traveling Exhibitions

Mausolée dans un cimetière, Mt. Williamson, 1943 | Ansel Adams. Collection privée. Avec l’aimable autorisation de Photographic Traveling Exhibitions


	À gauche: Toyo Miyatasake, Photographe, 1943. À droite: Roy Takeno, devant le Free Press Office, 1943 | Ansel Adams. Collection privée. Avec l’aimable autorisation de Photographic Traveling Exhibitions

	 

	Adams a publié ces photographies dans un livre, Born Free and Equal, en 1944 et les photos ont également été exposés au MoMa. Au moment où la défiance envers les Japonais était la plus forte pendant la guerre, le livre a été l'objet de controverses. «Dans certains cas, il a été retiré des libraires, voire brûlé. Pour certains, Adams lui-même n'était pas loyal en montrant cet aspect de la vie», raconte Lehtinen.

	 

	Lange, qui a conseillé Adams lors de son passage à Manzanar a également critiqué le produit final. «Ils ont eu quelques différents pour le dire poliment. Ils ont essayé de s'entraider, mais elle trouvait qu'il n'avait pas mis assez de pathos, qu'il ne montrait pas assez les diffcultés auxquelles les détenus du camp faisaient face, l'environnement quotidien qui faisait partie de leur lutte de tous les jours.»

	 

	Si ce point est toujours sujet à débat aujourd'hui, l'œuvre d'Adams réussit sans aucun doute à être une trace écrite de la résilience des détenus. «Ils ont réussi à ce que cela marche, malgré l'immense injustice de la situation. Cela fait partie de ce que Merritt et Adams voulaient puiser pour montrer la force de cette communauté.»

À gauche: Toyo Miyatasake, Photographe, 1943. À droite: Roy Takeno, devant le Free Press Office, 1943 | Ansel Adams. Collection privée. Avec l’aimable autorisation de Photographic Traveling Exhibitions

 

Adams a publié ces photographies dans un livre, Born Free and Equal, en 1944 et les photos ont également été exposés au MoMa. Au moment où la défiance envers les Japonais était la plus forte pendant la guerre, le livre a été l'objet de controverses. «Dans certains cas, il a été retiré des libraires, voire brûlé. Pour certains, Adams lui-même n'était pas loyal en montrant cet aspect de la vie», raconte Lehtinen.

 

Lange, qui a conseillé Adams lors de son passage à Manzanar a également critiqué le produit final. «Ils ont eu quelques différents pour le dire poliment. Ils ont essayé de s'entraider, mais elle trouvait qu'il n'avait pas mis assez de pathos, qu'il ne montrait pas assez les diffcultés auxquelles les détenus du camp faisaient face, l'environnement quotidien qui faisait partie de leur lutte de tous les jours.»

 

Si ce point est toujours sujet à débat aujourd'hui, l'œuvre d'Adams réussit sans aucun doute à être une trace écrite de la résilience des détenus. «Ils ont réussi à ce que cela marche, malgré l'immense injustice de la situation. Cela fait partie de ce que Merritt et Adams voulaient puiser pour montrer la force de cette communauté.»


	Des photos sur un phonographe, chez Yanemitsu, 1943 | Ansel Adams. Collection privée. Avec l’aimable autorisation de Photographic Traveling Exhibitions

Des photos sur un phonographe, chez Yanemitsu, 1943 | Ansel Adams. Collection privée. Avec l’aimable autorisation de Photographic Traveling Exhibitions


	Des oiseaux sur un fil, 1943 | Ansel Adams. Collection privée. Avec l’aimable autorisation de Photographic Traveling Exhibitions

Des oiseaux sur un fil, 1943 | Ansel Adams. Collection privée. Avec l’aimable autorisation de Photographic Traveling Exhibitions

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