Invertébrés de toute beauté
Sciences / Histoire

Invertébrés de toute beauté

Entre 1863 et 1939, deux maîtres verriers de Dresde, le père et le fils Blaschka, réalisaient des modélisations d’invertébrés marins en verre, utilisées comme supports d’étude dans les musées d’histoire naturelle et les universités du monde entier. «Les Blaschka ont passé toute leur vie à faire ça... un peu comme des moines copistes du XIe siècle, raconte le photographe Guido MocaficoJ'ai d'abord vu une cinquantaine de pièces en vrai et ça a été un coup de foudre. C'est suite à cela que j'ai décidé de travailler sur cette série de photos. Je me suis dit que je n'allais photographier que les objets de Genève mais ça ne s'est jamais arrêté.»  Il s'est rendu dans sept villes européennes pour photographier entre 600 et 700 de ces pièces trop fragiles pour être déplacées. Certaines de ses images sont exposées à Vevey (Suisse), pendant le Festival Images qui se tient jusqu'au 2 octobre.

Leopold & Rudolf Blaschka, Enoploteuthis Veranii, 2013 - Courtesy of the Natural History Museum of Dublin | Guido Mocafico

 

«À l'origine, le but de ces objets était exclusivement du pédagogique: il était plus simple pour les professeurs de montrer aux élèves biologistes des animaux de la bonne couleur plutôt que des méduses pâles au fond d'un bocal de formol. Ces objets n'étaient donc pas destinés à être montrés au grand public pour leur beauté.» 

Leopold & Rudolf Blaschka, Enoploteuthis Veranii, 2013 - Courtesy of the Natural History Museum of Dublin | Guido Mocafico

 

«À l'origine, le but de ces objets était exclusivement du pédagogique: il était plus simple pour les professeurs de montrer aux élèves biologistes des animaux de la bonne couleur plutôt que des méduses pâles au fond d'un bocal de formol. Ces objets n'étaient donc pas destinés à être montrés au grand public pour leur beauté.» 

Leopold & Rudolf Blaschka, Clathrulina Elegans, 2014 - Courtesy of the University Zoological Dpt, Wien | Guido Mocafico

 

«Dans la mesure du possible, les Blaschka essayaient de respecter la taille réelle des animaux, mais certaines reproductions sont des agrandissements. Par exemple, les radiolaires sont des planctons qui font entre 0,2 et 1 millimètre de diamètre et qui ne sont visibles qu’au microscope. Celui des Blaschka fait 30 centimètres de diamètre.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Clathrulina Elegans, 2014 - Courtesy of the University Zoological Dpt, Wien | Guido Mocafico

 

«Dans la mesure du possible, les Blaschka essayaient de respecter la taille réelle des animaux, mais certaines reproductions sont des agrandissements. Par exemple, les radiolaires sont des planctons qui font entre 0,2 et 1 millimètre de diamètre et qui ne sont visibles qu’au microscope. Celui des Blaschka fait 30 centimètres de diamètre.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Physalia Pelagica, 2013 - Courtesy of the Natural History Museum of Dublin | Guido Mocafico

 

«On a quelques pistes sur comment les Blaschka faisaient. Je me suis entretenu avec les restaurateurs de verre qui ont travaillé sur les collections de Genève, Liège et Dublin. Certaines pièces sont en verre soufflé, d'autres en verre filé, et tout cela était tenu avec des colles animales avant, souvent, d'être peintes à l’aquarelle.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Physalia Pelagica, 2013 - Courtesy of the Natural History Museum of Dublin | Guido Mocafico

 

«On a quelques pistes sur comment les Blaschka faisaient. Je me suis entretenu avec les restaurateurs de verre qui ont travaillé sur les collections de Genève, Liège et Dublin. Certaines pièces sont en verre soufflé, d'autres en verre filé, et tout cela était tenu avec des colles animales avant, souvent, d'être peintes à l’aquarelle.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Pelagia noctiluca, 2014 - Courtesy of the University Museum Dpt of Utrecht | Guido Mocafico

 

«Mais on ne connaît pas le secret de la plupart de leurs techniques, même les spécialistes actuels n’arrivent pas à les reproduire. Leurs secrets de fabrication sont partis avec eux comme ils n’ont pas eu de descendants.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Pelagia noctiluca, 2014 - Courtesy of the University Museum Dpt of Utrecht | Guido Mocafico

 

«Mais on ne connaît pas le secret de la plupart de leurs techniques, même les spécialistes actuels n’arrivent pas à les reproduire. Leurs secrets de fabrication sont partis avec eux comme ils n’ont pas eu de descendants.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Lymnorea triedra, 2013 - Courtesy of Hamiltons Gallery and the Natural History Museum of Dublin | Guido Mocafico

 

«Quand on regarde les catalogues des Blaschka, il y avait à peine plus d’un millier d’invertébrés marins disponibles à la vente. Ils avaient un catalogue qu’ils envoyaient à toutes les universités et les musées qui étaient susceptibles d’être intéressés et les conservateurs et les biologistes commandaient sur catalogue les pièces qu’ils voulaient.»
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Leopold & Rudolf Blaschka, Lymnorea triedra, 2013 - Courtesy of Hamiltons Gallery and the Natural History Museum of Dublin | Guido Mocafico

 

«Quand on regarde les catalogues des Blaschka, il y avait à peine plus d’un millier d’invertébrés marins disponibles à la vente. Ils avaient un catalogue qu’ils envoyaient à toutes les universités et les musées qui étaient susceptibles d’être intéressés et les conservateurs et les biologistes commandaient sur catalogue les pièces qu’ils voulaient.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Carmarina Hastata, 2014 - Courtesy of the University Zoological Dpt of Wien | Guido Mocafico

 

«Les Blaschka avaient une toute petite manufacture mais quand même, ces gens vivaient de ça. Il ne faut pas oublier qu'ils n'étaient pas des artistes, mais des artisans à la tête d'un business.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Carmarina Hastata, 2014 - Courtesy of the University Zoological Dpt of Wien | Guido Mocafico

 

«Les Blaschka avaient une toute petite manufacture mais quand même, ces gens vivaient de ça. Il ne faut pas oublier qu'ils n'étaient pas des artistes, mais des artisans à la tête d'un business.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Tiedemannia Neapolitana, 2014 - Courtesy of the Natural History Museum of Strasbourg | Guido Mocafico

 

«Aujourd’hui, plus personne n'enseigne avec ces pièces. Elles sont trop fragiles et les universitaires se sont rendus compte de leur valeur. Il est d'ailleurs miraculeux qu’autant de pièces si fragiles aient survécu à deux guerres mondiales en Europe.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Tiedemannia Neapolitana, 2014 - Courtesy of the Natural History Museum of Strasbourg | Guido Mocafico

 

«Aujourd’hui, plus personne n'enseigne avec ces pièces. Elles sont trop fragiles et les universitaires se sont rendus compte de leur valeur. Il est d'ailleurs miraculeux qu’autant de pièces si fragiles aient survécu à deux guerres mondiales en Europe.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Physophora magnifica, 2014 - Courtesy of the University Zoological Dpt of Wien | Guido Mocafico

 

«Malheureusement, il n’y a que deux collections en Europe sur les sept que j’ai photographiées dont les pièces sont disponibles au public (Genève et Liège). Leur collection est restaurée et sténographiée, mais à Utrecht, Vienne ou autre, elles sont dans les sous-sols.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Physophora magnifica, 2014 - Courtesy of the University Zoological Dpt of Wien | Guido Mocafico

 

«Malheureusement, il n’y a que deux collections en Europe sur les sept que j’ai photographiées dont les pièces sont disponibles au public (Genève et Liège). Leur collection est restaurée et sténographiée, mais à Utrecht, Vienne ou autre, elles sont dans les sous-sols.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Octopus Vulgaris, 2013 - Courtesy of the Natural History Museum, London | Guido Mocafico

 

«Comme ce sont des objets que l'on ne peut pas déplacer, je me suis rendu dans les musées avec mes assistants. J'ai beaucoup travaillé sur la lumière car je ne voulais pas qu’on sente l’intervention du photographe. J'avais envie que ces animaux soient vivants eux-mêmes, par eux-mêmes, grâce à la lumière.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Octopus Vulgaris, 2013 - Courtesy of the Natural History Museum, London | Guido Mocafico

 

«Comme ce sont des objets que l'on ne peut pas déplacer, je me suis rendu dans les musées avec mes assistants. J'ai beaucoup travaillé sur la lumière car je ne voulais pas qu’on sente l’intervention du photographe. J'avais envie que ces animaux soient vivants eux-mêmes, par eux-mêmes, grâce à la lumière.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Ophiothrix Serrata, 2013 - Courtesy of the Natural History Museum of Dublin | Guido Mocafico

 

«Ce travail parle aussi d’illusion. N’importe qui devant ces images va penser qu'il s'agit d'une photo de l'animal. La reproduction des Blaschka est extrêmement scientifique et fidèle à la réalité. Il n’y a aucune interprétation artistique de leur part, ils travaillaient à partir de dessins du naturaliste Ernst Haeckel.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Ophiothrix Serrata, 2013 - Courtesy of the Natural History Museum of Dublin | Guido Mocafico

 

«Ce travail parle aussi d’illusion. N’importe qui devant ces images va penser qu'il s'agit d'une photo de l'animal. La reproduction des Blaschka est extrêmement scientifique et fidèle à la réalité. Il n’y a aucune interprétation artistique de leur part, ils travaillaient à partir de dessins du naturaliste Ernst Haeckel

Leopold & Rudolf Blaschka, Trevelyana cristata, 2013 - Courtesy of the Natural History Museum of Dublin | Guido Mocafico

 

«Ces gens documentaient la réalité naturelle, scientifique, sans aucune interprétation.  Quand on regarde une de mes photos de Blaschka, on croit regarder une vraie méduse. C’est ça qui est rigolo. Il y a un trouble de la perception que j’aime beaucoup.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Trevelyana cristata, 2013 - Courtesy of the Natural History Museum of Dublin | Guido Mocafico

 

«Ces gens documentaient la réalité naturelle, scientifique, sans aucune interprétation.  Quand on regarde une de mes photos de Blaschka, on croit regarder une vraie méduse. C’est ça qui est rigolo. Il y a un trouble de la perception que j’aime beaucoup.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Octopus macropus, 2013 - Courtesy of the Natural History Museum of Dublin | Guido Mocafico

 

«Le directeur du festival, Stefano Stoll, a obtenu l’autorisation d’exposer mes photos sous l’eau et de permettre aux spectateurs de les regarder avec un casque de réalité virtuelle. Il trouvait intéressant de remettre ces créatures marines dessinées par Hekel, recopiées par les Blaschka et photographiées par Mocafico d'où elles viennent, c'est-à-dire sous l'eau.»

Leopold & Rudolf Blaschka, Octopus macropus, 2013 - Courtesy of the Natural History Museum of Dublin | Guido Mocafico

 

«Le directeur du festival, Stefano Stoll, a obtenu l’autorisation d’exposer mes photos sous l’eau et de permettre aux spectateurs de les regarder avec un casque de réalité virtuelle. Il trouvait intéressant de remettre ces créatures marines dessinées par Hekel, recopiées par les Blaschka et photographiées par Mocafico d'où elles viennent, c'est-à-dire sous l'eau.»

Fanny Arlandis

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

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