Les survivants d'Utoya
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Les survivants d'Utoya

Le 22 juillet 2011, une voiture piégée tuait huit personnes dans le centre-ville d’Oslo, en Norvège. Peu de temps après, Anders Behring Breivik, responsable de cet attentat, ouvrait le feu lors de l’université d’été des jeunes du Parti travailliste norvégien sur l’île d’Utoya, faisant 69 (surtout jeunes) morts et beaucoup de blessés. 500 ont survécu.

Andrea Gjestvang a pris des photographies du carnage à Oslo, s’aidant de son appareil pour naviguer dans cette scène horrible. Mais en plus de couvrir l’événement, elle voulait se concentrer sur ses répercussions d’une manière plus profonde. «Pendant un moment, on a eu l’impression que les gens en Norvège souffraient d’une “fatigue du 22 juillet”, mais c’est encore plus important de rappeler aux gens que les survivants sont des personnes réelles, et qu’ils doivent vivre avec cette expérience tous les jours.»

Sa série, One Day in History (et le livre qui en est tiré, En Dag i Historien) se concentre sur les survivants de la tuerie d’Utoya. Gjestvang voulait explorer «en profondeur les conséquences individuelles pour les survivants». Grand format de David Rosenberg, traduit et adapté par Cécile Dehesdin.

La photographe a voyagé partout en Norvège pour rencontrer les jeunes gens chez eux. Elle a fait ça simplement, travaillant en lumière naturelle avec un seul appareil, et elle a respecté les vœux de ses sujets quant à ce qu’ils voulaient montrer sur les images.
Yva Helen Schwenke, 15 ans, a été touchée par cinq balles. Elle explique à Andrea Gjestvang: «Je porte mes cicatrices avec dignité, parce que je les ai eues à cause d'une cause en laquelle je crois. C'est mon attitude dans la vie, c'est ce qui fait que je tiens debout. C'est comme ça que sont les choses, et je dois faire avec. Ça n'aide personne de sombrer dans la dépression, encore moins moi, donc je garde la tête haute et je me concentre sur les bonnes choses de la vie.»
Andrea Gjestvang /Moment

La photographe a voyagé partout en Norvège pour rencontrer les jeunes gens chez eux. Elle a fait ça simplement, travaillant en lumière naturelle avec un seul appareil, et elle a respecté les vœux de ses sujets quant à ce qu’ils voulaient montrer sur les images.
Yva Helen Schwenke, 15 ans, a été touchée par cinq balles. Elle explique à Andrea Gjestvang: «Je porte mes cicatrices avec dignité, parce que je les ai eues à cause d'une cause en laquelle je crois. C'est mon attitude dans la vie, c'est ce qui fait que je tiens debout. C'est comme ça que sont les choses, et je dois faire avec. Ça n'aide personne de sombrer dans la dépression, encore moins moi, donc je garde la tête haute et je me concentre sur les bonnes choses de la vie.»

«Certaines personnes m’ont demandé pourquoi je montre les blessures si directement dans les photos», dit Andrea Gjestvang. «Mais si les jeunes n’ont pas honte des dégâts, pourquoi est-ce que je devrais être celle qui les retient et leur dit de cacher leur corps? J’admire leur courage et leur transparence». Cecilie Herlosven, 17 ans, a perdu son bras. Elle a aussi été atteinte à la joue, mais la balle a touché sa dent de sagesse, ce qui lui a probablement sauvé la vie.
Andrea Gjestvang /Moment

«Certaines personnes m’ont demandé pourquoi je montre les blessures si directement dans les photos», dit Andrea Gjestvang. «Mais si les jeunes n’ont pas honte des dégâts, pourquoi est-ce que je devrais être celle qui les retient et leur dit de cacher leur corps? J’admire leur courage et leur transparence». Cecilie Herlosven, 17 ans, a perdu son bras. Elle a aussi été atteinte à la joue, mais la balle a touché sa dent de sagesse, ce qui lui a probablement sauvé la vie.

Torje Hanssen, 14 ans, était le plus jeune participant de l’université d’été. Son grand frère a été gravement blessé, Torje a survécu parce qu’il a nagé pour s’échapper, et a été recueilli par un bateau. Gjestvang est restée en contact avec ceux qu’elle a photographiés, dont beaucoup ont été reconnaissants de pouvoir raconter leur histoire et faire partie du projet. «Rester émotionnellement détachée tout en capturant les humeurs de ces jeunes a été impossible, mais je n’ai pas peur d’intégrer mes propres émotions quand je travaille sur un projet».
Andrea Gjestvang /Moment

Torje Hanssen, 14 ans, était le plus jeune participant de l’université d’été. Son grand frère a été gravement blessé, Torje a survécu parce qu’il a nagé pour s’échapper, et a été recueilli par un bateau. Gjestvang est restée en contact avec ceux qu’elle a photographiés, dont beaucoup ont été reconnaissants de pouvoir raconter leur histoire et faire partie du projet. «Rester émotionnellement détachée tout en capturant les humeurs de ces jeunes a été impossible, mais je n’ai pas peur d’intégrer mes propres émotions quand je travaille sur un projet».

Iselin Rose Borch, 15 ans. «Après Utoya, j’ai eu beaucoup de mal à dormir. J’avais peur du noir et je souffrais de terreurs nocturnes terribles», raconte-t-elle. «Ma mère et moi avons décidé qu’avoir un chien pourrait m’aider, donc j’ai eu Athene. Maintenant, elle dort sur mon ventre tous les soirs.»
Andrea Gjestvang /Moment

Iselin Rose Borch, 15 ans. «Après Utoya, j’ai eu beaucoup de mal à dormir. J’avais peur du noir et je souffrais de terreurs nocturnes terribles», raconte-t-elle. «Ma mère et moi avons décidé qu’avoir un chien pourrait m’aider, donc j’ai eu Athene. Maintenant, elle dort sur mon ventre tous les soirs.»

Quand elle a commencé à montrer les images, Andrea Gjestvang a été bouleversée par l’attention reçue. Elle a remporté le prix Iris d’Or aux Sony World Photography Awards de 2013. «Je ne m’y attendais pas. Mais d’un autre côté, je pense que les histoires des survivants méritent cette attention.» Eirin Kristin Kjær, 20 ans, a été blessée par trois balles pendant qu’elle tentait de protéger des amis plus jeunes. 
Andrea Gjestvang /Moment

Quand elle a commencé à montrer les images, Andrea Gjestvang a été bouleversée par l’attention reçue. Elle a remporté le prix Iris d’Or aux Sony World Photography Awards de 2013. «Je ne m’y attendais pas. Mais d’un autre côté, je pense que les histoires des survivants méritent cette attention.» Eirin Kristin Kjær, 20 ans, a été blessée par trois balles pendant qu’elle tentait de protéger des amis plus jeunes. 

Aleksander Sandberg, 16 ans: «Juste après, tout a paru calme. J’y pensais presque tout le temps. Maintenant, je fais plus attention à tout ce qui n’est pas juste dans le monde». A Day in History est une expérience qui a beaucoup fait mûrir Anrea Gjestvang en tant que photographe. «Ce projet m’a fait prendre mon rôle et moi-même en tant que photographe plus au sérieux», explique-t-elle. «J’ai pu voir comment un projet part d’une petite idée dans ma tête pour être vu par des gens partout dans le monde. C’est ma façon de répondre à l’attaque terroriste du 22 juillet. Mon but est de créer un document historique différent qui peut contribuer au débat public, en rappelant aux gens que la terreur ne concerne pas seulement la politique. Ça concerne les nombreuses personnes dont les vies sont changées pour toujours.» 
Andrea Gjestvang /Moment

Aleksander Sandberg, 16 ans: «Juste après, tout a paru calme. J’y pensais presque tout le temps. Maintenant, je fais plus attention à tout ce qui n’est pas juste dans le monde». A Day in History est une expérience qui a beaucoup fait mûrir Anrea Gjestvang en tant que photographe. «Ce projet m’a fait prendre mon rôle et moi-même en tant que photographe plus au sérieux», explique-t-elle. «J’ai pu voir comment un projet part d’une petite idée dans ma tête pour être vu par des gens partout dans le monde. C’est ma façon de répondre à l’attaque terroriste du 22 juillet. Mon but est de créer un document historique différent qui peut contribuer au débat public, en rappelant aux gens que la terreur ne concerne pas seulement la politique. Ça concerne les nombreuses personnes dont les vies sont changées pour toujours.» 

Ina Libak, 21 ans, a été touchée par cinq balles et a survécu parce que d’autres participants l’ont cachée dans la forêt et ont appliqué une pression sur ses blessures. «Ce qui s’est passé à Utoya est toujours une partie de moi, mais c’est loin d’être la totalité de mon être», dit-elle.
Andrea Gjestvang /Moment

Ina Libak, 21 ans, a été touchée par cinq balles et a survécu parce que d’autres participants l’ont cachée dans la forêt et ont appliqué une pression sur ses blessures. «Ce qui s’est passé à Utoya est toujours une partie de moi, mais c’est loin d’être la totalité de mon être», dit-elle.

Maris Hoft, 18 ans, s’est caché sur un rocher pour éviter la tuerie. Son meilleur ami Andreas est tombé et est mort en tentant de descendre pour trouver un endroit où se cacher.
Andrea Gjestvang /Moment

Maris Hoft, 18 ans, s’est caché sur un rocher pour éviter la tuerie. Son meilleur ami Andreas est tombé et est mort en tentant de descendre pour trouver un endroit où se cacher.

Aina Helgheim, 19 ans. «J’aime bien m’asseoir ici parce que j’ai le sentiment que mes amis morts sont dans la nature qui nous entoure. Donc ici ils sont proches de moi, même s’ils ne sont plus là», explique-t-elle.
Andrea Gjestvang /Moment

Aina Helgheim, 19 ans. «J’aime bien m’asseoir ici parce que j’ai le sentiment que mes amis morts sont dans la nature qui nous entoure. Donc ici ils sont proches de moi, même s’ils ne sont plus là», explique-t-elle.

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