Les récréations architecturales de Victor Enrich

Victor Enrich est un ancien étudiant en architecture devenu photographe. Désormais, cet Espagnol transforme la réalité pour la montrer autrement. Pour cette série, NDHK, il est parti d'un immeuble munichois, qu'il trouvait très laid mais qui l'attirait. Il l'a transformé de 88 manières différentes.

Par Charlotte Pudlowski


	Cet immeuble est l'original. Il se trouve à Munich, en face d'une gare. En 2012, quand il a commencé ce projet, Victor Enrich s'était retrouvé en Allemagne après avoir été expulsé d'Israël –où il avait passé plus de deux ans– parce qu'il était illégalement sur le territoire. Rentré chez lui, à Barcelone, la crise battant son plein, il décida de repartir. Des amis, à Munich, lui proposèrent qu'il les rejoigne et de l'aider.

Cet immeuble est l'original. Il se trouve à Munich, en face d'une gare. En 2012, quand il a commencé ce projet, Victor Enrich s'était retrouvé en Allemagne après avoir été expulsé d'Israël –où il avait passé plus de deux ans– parce qu'il était illégalement sur le territoire. Rentré chez lui, à Barcelone, la crise battant son plein, il décida de repartir. Des amis, à Munich, lui proposèrent qu'il les rejoigne et de l'aider.

Crédit: NHDK, Victor Enrich

	Une fois à Munich, il dormait chez les uns et les autres, et pour ne pas trop s'imposer à eux, il laissait ses affaires à la gare, à la consigne. «Je devais y retourner tous les trois jours, pour remettre de l'argent dans le casier, prendre des affaires, en laisser d'autres. Et tous les trois jours en y allant, je voyais ce bâtiment en face. Très laid. Et je me disais: toi tu es laid, mais je t'aime bien.» 

Une fois à Munich, il dormait chez les uns et les autres, et pour ne pas trop s'imposer à eux, il laissait ses affaires à la gare, à la consigne. «Je devais y retourner tous les trois jours, pour remettre de l'argent dans le casier, prendre des affaires, en laisser d'autres. Et tous les trois jours en y allant, je voyais ce bâtiment en face. Très laid. Et je me disais: toi tu es laid, mais je t'aime bien.» 

Crédit: NHDK, Victor Enrich

	Enrich demanda l'autorisation aux immeubles alentours de monter sur les toits, pour se mettre à le photographier.

Enrich demanda l'autorisation aux immeubles alentours de monter sur les toits, pour se mettre à le photographier.

Crédit: NHDK, Victor Enrich

	Depuis quelques années déjà, il avait abandonné sa profession première: chargé de faire du rendu architectural pour des cabinets. C'est-à-dire permettre grâce à des logiciels 3D de montrer de futurs immeubles pas encore construits. Cela l'ennuyait et la compétition était rude. 

Depuis quelques années déjà, il avait abandonné sa profession première: chargé de faire du rendu architectural pour des cabinets. C'est-à-dire permettre grâce à des logiciels 3D de montrer de futurs immeubles pas encore construits. Cela l'ennuyait et la compétition était rude. 

Crédit: NHDK, Victor Enrich

	Il avait donc entamé une sorte d'introspection, se demandant ce qu'il pouvait faire de sa vie, de ses compétences informatiques, avec ces logiciels. «Genre de recherche jamais très simple.»

Il avait donc entamé une sorte d'introspection, se demandant ce qu'il pouvait faire de sa vie, de ses compétences informatiques, avec ces logiciels. «Genre de recherche jamais très simple.»

Crédit: NHDK, Victor Enrich

	En 2006, ayant quitté Barcelone pour suivre une jeune femme en Lettonie, Enrich se mit à fréquenter là-bas beaucoup d'artistes, qui se réunissaient dans des squatts, une ambiance post-URSS très bohême.

	«Mes envies artistiques se sont affirmées à ce moment-là, elles se sont mises à grandir. Un de mes amis, juif et homosexuel, m'apprenait le letton. Puis il a décidé de partir en Israël, notamment parce que c'était compliqué pour lui de faire partie de la communauté juive lettone en étant homo. Il m'a proposé de partir avec lui, je me suis donc retrouvé en Israël.»

En 2006, ayant quitté Barcelone pour suivre une jeune femme en Lettonie, Enrich se mit à fréquenter là-bas beaucoup d'artistes, qui se réunissaient dans des squatts, une ambiance post-URSS très bohême.

«Mes envies artistiques se sont affirmées à ce moment-là, elles se sont mises à grandir. Un de mes amis, juif et homosexuel, m'apprenait le letton. Puis il a décidé de partir en Israël, notamment parce que c'était compliqué pour lui de faire partie de la communauté juive lettone en étant homo. Il m'a proposé de partir avec lui, je me suis donc retrouvé en Israël.»

Crédit: NHDK, Victor Enrich

	Là, Enrich commenca sérieusement ses transfigurations architecturales. Tant et si bien qu'Haaretz lui consacra deux pages. Et le fit ainsi repérer par les services d'immigration...

Là, Enrich commenca sérieusement ses transfigurations architecturales. Tant et si bien qu'Haaretz lui consacra deux pages. Et le fit ainsi repérer par les services d'immigration...

Crédit: NHDK, Victor Enrich

	Il fut expulsé, mais continua donc ses photographies. 

Il fut expulsé, mais continua donc ses photographies. 

Crédit: NHDK, Victor Enrich

	«Je n'ai pas de message particulier à faire passer à travers ces photos, ce serait artificiel. Je ne veux rien dire, je veux permettre à ceux qui les regardent de leur donner le sens qu'ils veulent.»

«Je n'ai pas de message particulier à faire passer à travers ces photos, ce serait artificiel. Je ne veux rien dire, je veux permettre à ceux qui les regardent de leur donner le sens qu'ils veulent.»

Crédit: NHDK, Victor Enrich

	«Je ne sais même pas comment les formes me viennent. Cela survient aux moments les plus inattendus: comme quand vous accouchez. Vous ne savez pas quand ça va arriver.»

«Je ne sais même pas comment les formes me viennent. Cela survient aux moments les plus inattendus: comme quand vous accouchez. Vous ne savez pas quand ça va arriver.»

Crédit: NHDK, Victor Enrich

	«On me demande parfois si je voudrais que des immeubles existent comme sur mes images. Mais non! Je les vois comme ça, je ne les veux pas comme ça. Ils ne seraient pas du tout pratique. Là c'est simplement de la pure forme».
	 

«On me demande parfois si je voudrais que des immeubles existent comme sur mes images. Mais non! Je les vois comme ça, je ne les veux pas comme ça. Ils ne seraient pas du tout pratique. Là c'est simplement de la pure forme».
 

Crédit: NHDK, Victor Enrich

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