Je ne suis pas un sosie!

François Brunelle a toujours été fasciné par les ressemblances entre les gens, et pas seulement parce que, plus jeune, on lui disait qu’il ressemblait à Rowan Atkinson, l’interprète du loufoque Mister Bean.

C’est ce qui lui a donné l’idée de Je ne suis pas un sosie!, un projet où il photographie des paires de personnes qui se ressemblent comme des jumeaux sans avoir aucun lien de parenté, sans même venir du même coin voire du même pays. Depuis 2000, il a photographié des sosies partout dans le monde (il manque de Français, vous pouvez proposer votre candidature sur son site).

«Je vis avec ce projet depuis treize ans, alors parfois, je ne sais plus trop si je suis cinglé ou normal, c’est comme une obsession. Mais c’est un projet qui me donne beaucoup de satisfaction personnelle», raconte-t-il. Il pense atteindre son objectif de 200 paires cet automne et souhaiterait en tirer un livre et une exposition.

Cécile Dehesdin.


	Lors d’une réunion de photographes, François Brunelle a discuté pendant plusieurs minutes avec Jacques-Dominique en le prenant pour Jean, avant de se rendre compte de son erreur: «C’est la première photo que j’ai fait, j’étais sûr qu’ils se ressemblaient comme deux gouttes d’eau et en les photographiant, j’étais très déçu, en fait. Mais après quelques jours puis quelques semaines, je les ai trouvés de plus en plus ressemblants.»

Lors d’une réunion de photographes, François Brunelle a discuté pendant plusieurs minutes avec Jacques-Dominique en le prenant pour Jean, avant de se rendre compte de son erreur: «C’est la première photo que j’ai fait, j’étais sûr qu’ils se ressemblaient comme deux gouttes d’eau et en les photographiant, j’étais très déçu, en fait. Mais après quelques jours puis quelques semaines, je les ai trouvés de plus en plus ressemblants.»

Crédit: Jean Vachon et Jacques-Dominique Landry, Montréal, 2001. © François Brunelle.

	«C’est très relatif, la ressemblance», explique François Brunelle. Souvent il reçoit des commentaires inverses sur la même photo, entre ceux qui l’accusent d’être aveugle et ceux qui prennent la paire pour des jumeaux. «Moi je fais un projet d’artiste, je ne fais pas ça avec un comité», conclut-il.

«C’est très relatif, la ressemblance», explique François Brunelle. Souvent il reçoit des commentaires inverses sur la même photo, entre ceux qui l’accusent d’être aveugle et ceux qui prennent la paire pour des jumeaux. «Moi je fais un projet d’artiste, je ne fais pas ça avec un comité», conclut-il.

Crédit: Sylvie Gagnon et Caroline Dhavernas, Montréal, 2003. © François Brunelle.

	Au départ, le projet s’appelait tout simplement «Les sosies». François Brunelle l’a renommé «Je ne suis pas un sosie!», entre autres pour répondre aux critiques futures sur Untel et Untel qui ne se ressembleraient pas. Le titre permet aussi de donner la parole au sujet et pas seulement à celui qui l’observe, d’autant que certains de ses sosies ne se reconnaissent pas comme tels.

Au départ, le projet s’appelait tout simplement «Les sosies». François Brunelle l’a renommé «Je ne suis pas un sosie!», entre autres pour répondre aux critiques futures sur Untel et Untel qui ne se ressembleraient pas. Le titre permet aussi de donner la parole au sujet et pas seulement à celui qui l’observe, d’autant que certains de ses sosies ne se reconnaissent pas comme tels.

Crédit: Sarah Fournier et Alan Madill, Toronto, 2001. © François Brunelle.

	Quand les médias ont commencé à parler du projet de François Brunelle, beaucoup de personnes lui ont envoyé des candidatures comme sosies de vedettes. Cela arrive encore, mais les stars ne l’intéressent pas. Pour lui, un sosie, c’est tout simplement «quelqu’un que l’on confond avec une autre personne». 

Quand les médias ont commencé à parler du projet de François Brunelle, beaucoup de personnes lui ont envoyé des candidatures comme sosies de vedettes. Cela arrive encore, mais les stars ne l’intéressent pas. Pour lui, un sosie, c’est tout simplement «quelqu’un que l’on confond avec une autre personne»

Crédit: Alex Bartosik et Victoria Stusiak, Montréal, 2003. © François Brunelle.

	Le photographe ne maquille pas ni ne coiffe ses modèles. Il leur demande simplement d’apporter des vêtements de couleur unie, sans motif ni logo, et dans une teinte pâle, une moyenne et une foncée pour avoir le choix. Mais ses sujets ont parfois leur avis sur la question: Danielle et Jovette se sont acheté des vêtements identiques pour la séance photo: «En les voyant arriver, je les ai prises pour des sœurs et je me suis dit qu’elles n’avaient pas compris le projet.» Finalement, et malgré cette «entorse» vestimentaire au projet, «c’est une de mes photos préférées, parce qu’elles sont tellement naturelles devant la caméra». 

Le photographe ne maquille pas ni ne coiffe ses modèles. Il leur demande simplement d’apporter des vêtements de couleur unie, sans motif ni logo, et dans une teinte pâle, une moyenne et une foncée pour avoir le choix. Mais ses sujets ont parfois leur avis sur la question: Danielle et Jovette se sont acheté des vêtements identiques pour la séance photo: «En les voyant arriver, je les ai prises pour des sœurs et je me suis dit qu’elles n’avaient pas compris le projet.» Finalement, et malgré cette «entorse» vestimentaire au projet, «c’est une de mes photos préférées, parce qu’elles sont tellement naturelles devant la caméra»

Crédit: Danielle Boucher et Jovette Desmarais, Montréal, 2004. © François Brunelle.

	Voilà deux autres sosies qui ont voulu s’habiller pareil, au moins pour leurs accessoires. «Ce sont deux cyclistes allemands qui se sont rencontrés dans une randonnée cycliste, les gens autour d’eux n’arrêtaient pas de leur dire "Y'a a un type qui te ressemble"», explique François Brunelle. Ils sont devenus amis, leurs femmes aussi, «et comme ils se sont rencontrés habillés en cycliste, j’ai accepté de les prendre en photo avec la casquette». D’autant plus que l’un a une calvitie et l’autre non, et que la casquette cache donc cette différence.

Voilà deux autres sosies qui ont voulu s’habiller pareil, au moins pour leurs accessoires. «Ce sont deux cyclistes allemands qui se sont rencontrés dans une randonnée cycliste, les gens autour d’eux n’arrêtaient pas de leur dire "Y'a a un type qui te ressemble"», explique François Brunelle. Ils sont devenus amis, leurs femmes aussi, «et comme ils se sont rencontrés habillés en cycliste, j’ai accepté de les prendre en photo avec la casquette». D’autant plus que l’un a une calvitie et l’autre non, et que la casquette cache donc cette différence.

Crédit: Rudi Kistler et Maurus Oehmann, Mannheim, 2012. © François Brunelle.

	Le fils de François Brunelle lui a déjà demandé s’il ne pourrait pas «donner un coup de pinceau» à certains sosies pour qu’ils se ressemblent un peu plus. «Si, mais ça ne serait plus le même projet», a répondu le photographe. «Si on prend des photos de jumeaux, c’est intéressant, mais ils se ressemblent tellement parfois que ça en devient ennuyeux. Ce qui est intéressant avec les sosies, c’est qu’ils se ressemblent plus ou moins.»

Le fils de François Brunelle lui a déjà demandé s’il ne pourrait pas «donner un coup de pinceau» à certains sosies pour qu’ils se ressemblent un peu plus. «Si, mais ça ne serait plus le même projet», a répondu le photographe. «Si on prend des photos de jumeaux, c’est intéressant, mais ils se ressemblent tellement parfois que ça en devient ennuyeux. Ce qui est intéressant avec les sosies, c’est qu’ils se ressemblent plus ou moins.»

Crédit: Marie-Chantal Perron et Nancy Paul, Montréal, 2004. © François Brunelle.

	«Le Français a peur de ressembler à quelqu’un d’autre, alors c’est difficile de trouver des sosies», estime François Brunelle. «Il aime se sentir unique, on veut être différent dans la culture française, alors que l’Américain ça lui fait plaisir.» Le photographe demande un contact entre ses sujets, pour que les photos ne puissent pas passer pour des montages et que les visages soient assez proches pour mieux en montrer la ressemblance. Il aime particulièrement les doigts légèrement levés de Marcel dans cette image, au-dessus de l’épaule de son ami Ludovic: «J’ai trouvé cette petite gêne tout à fait française.»

«Le Français a peur de ressembler à quelqu’un d’autre, alors c’est difficile de trouver des sosies», estime François Brunelle. «Il aime se sentir unique, on veut être différent dans la culture française, alors que l’Américain ça lui fait plaisir.» Le photographe demande un contact entre ses sujets, pour que les photos ne puissent pas passer pour des montages et que les visages soient assez proches pour mieux en montrer la ressemblance. Il aime particulièrement les doigts légèrement levés de Marcel dans cette image, au-dessus de l’épaule de son ami Ludovic: «J’ai trouvé cette petite gêne tout à fait française.»

Crédit: Marcel Stepanoff et Ludovic Maillard, Paris, 2005. © François Brunelle.

	Certains sosies, comme Yves et Rémi, ne viennent même pas du même pays. A droite, Rémi est un Français de Lyon. A gauche, Yves un Suisse de Genève. Ils ne s’étaient jamais rencontrés avant la photo. Yves a dit à Rémi de se rendre jusqu’à un carrefour pour l’emmener à la séance, et en le voyant n’a pas perçu de grande ressemblance. Mais plus il le regardait dans le rétroviseur, plus il le trouvait ressemblant. «Leur nez est différent, leurs lèvres, leurs yeux sont différents», note François Brunelle, «et pourtant il y a quand même quelque chose qui se passe».

Certains sosies, comme Yves et Rémi, ne viennent même pas du même pays. A droite, Rémi est un Français de Lyon. A gauche, Yves un Suisse de Genève. Ils ne s’étaient jamais rencontrés avant la photo. Yves a dit à Rémi de se rendre jusqu’à un carrefour pour l’emmener à la séance, et en le voyant n’a pas perçu de grande ressemblance. Mais plus il le regardait dans le rétroviseur, plus il le trouvait ressemblant. «Leur nez est différent, leurs lèvres, leurs yeux sont différents», note François Brunelle, «et pourtant il y a quand même quelque chose qui se passe».

Crédit: Yves Megevet et Rémi Bacon, Megève, 2001. © François Brunelle.

	«Nina et Anna sont nées le même jour dans deux villes différentes de la même province» canadienne, raconte le photographe. Elles ont étudié la danse toutes les deux, se sont fait tatouer toutes les deux et on leur disait constamment qu’elles avaient un sosie. Jusqu’au jour où elles se sont croisées dans la rue, se sont «reconnues» et… se sont rendu compte qu’elles habitaient dans le même immeuble! 

«Nina et Anna sont nées le même jour dans deux villes différentes de la même province» canadienne, raconte le photographe. Elles ont étudié la danse toutes les deux, se sont fait tatouer toutes les deux et on leur disait constamment qu’elles avaient un sosie. Jusqu’au jour où elles se sont croisées dans la rue, se sont «reconnues» et… se sont rendu compte qu’elles habitaient dans le même immeuble! 

Crédit: Nina Singh et Anna Rubin, Montréal, 2004. © François Brunelle.

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