Anciens Farc, ils posent sans leurs fusils
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Anciens Farc, ils posent sans leurs fusils

En Colombie, des accords de paix ont été signés en novembre 2016 entre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), organisation communiste en guerre depuis des décennies contre l’État, et le gouvernement. Dix guérilleros et guérilleras ont accepté de poser, sans leur fusil. Depuis la signature des accords de paix, quarante ex-guérilleros ont été assassinés à travers le pays.

Ils s’appellent Freddy, Diana, Jhackson ou encore Wilmar.

Ils s’appellent Freddy, Diana, Jhackson ou encore Wilmar.

Ils ont entre 18 et 29 ans et pourtant, tous ont donné plusieurs années de leurs vies à la guerre qui oppose les Forces armées révolutionnaires de Colombie à l’État colombien.

Ils ont entre 18 et 29 ans et pourtant, tous ont donné plusieurs années de leurs vies à la guerre qui oppose les Forces armées révolutionnaires de Colombie à l’État colombien.

En mars 2017, sur le «point de transition» de la Plancha, dirigé par l’ONU, ils listaient et rendaient leurs armes à la mission de désarmement.

En mars 2017, sur le «point de transition» de la Plancha, dirigé par l’ONU, ils listaient et rendaient leurs armes à la mission de désarmement.

Se séparer des fusils automatiques avec lesquels ils vivaient, mangeaient et dormaient depuis des années fut un moment difficile pour ces combattants et combattantes.

Se séparer des fusils automatiques avec lesquels ils vivaient, mangeaient et dormaient depuis des années fut un moment difficile pour ces combattants et combattantes.

Quarante ex-guérilleros ont été assassinés depuis la signature des accords de paix.

Quarante ex-guérilleros ont été assassinés depuis la signature des accords de paix.

Et les anciens des Farc ont peur. Des représailles et des règlements de compte d’abord, mais surtout de leurs ennemis de toujours, les groupes paramilitaires d’extrême droite.

Et les anciens des Farc ont peur. Des représailles et des règlements de compte d’abord, mais surtout de leurs ennemis de toujours, les groupes paramilitaires d’extrême droite.

Ceux-là même qui, depuis la fin officielle de la guerre, se sont mis au défi de récupérer les territoires auparavant sous contrôle de la guérilla communiste.

Ceux-là même qui, depuis la fin officielle de la guerre, se sont mis au défi de récupérer les territoires auparavant sous contrôle de la guérilla communiste.

Sur le point de transition de la Plancha, situé dans le département d’Antioquia, plusieurs guérilleros Front 36 des Farc –Bloc Efrain Guzman– posent, sans leur fusil, bien décidés à en finir avec un conflit qui pour certains les suit depuis leur plus jeune âge.

Sur le point de transition de la Plancha, situé dans le département d’Antioquia, plusieurs guérilleros Front 36 des Farc –Bloc Efrain Guzman– posent, sans leur fusil, bien décidés à en finir avec un conflit qui pour certains les suit depuis leur plus jeune âge.

Ce tee-shirt qu’ils arborent, où est imprimée une colombe, c’est leur tenue habituelle sur le camp de l’ONU depuis les accords de paix, où ils sont toujours. Certains aujourd’hui y étudient, d’autres s’y forment à des métiers manuels.

Ce tee-shirt qu’ils arborent, où est imprimée une colombe, c’est leur tenue habituelle sur le camp de l’ONU depuis les accords de paix, où ils sont toujours. Certains aujourd’hui y étudient, d’autres s’y forment à des métiers manuels.

Deison, l’un des guérilleros photographiés il y a un an à la Plancha, le point de transition du département d’Antioquia situé au nord de Medellin, est encore là-bas. Via Telegram, il raconte une partie de sa vie d’aujourd’hui et de ses projets:

«Salut Deison, comment vas-tu?

- Salut! Ça va. Que racontes-tu? Où es-tu?

- Je suis en France actuellement. J’ai une question, que fais-tu en ce moment? Tu es toujours sur le point de transition?

- Oui, toujours en train d’étudier. Je valide le baccalauréat.

- C’est bien! Où étudies-tu?

- Au même endroit, à la Plancha.

- Et tu peux sortir du point de transition? Pour voir ta famille, par exemple?

- Oui clairement! On a plus de liberté maintenant. Tout le monde peut bouger où il veut dans le pays. La seule peur que nous avons, ce sont les groupes paramilitaires, qui sont plus forts que jamais.

- Ils sont puissants? Toi, tu as eu la possibilité de voir ta famille? 

- Oui clairement, j’y vais souvent.

- Cool! Et que veux-tu faire après le bac?

- Je ne veux pas continuer à étudier. Dans les accords, on parlait de groupes de sécurité. Donc je vais rejoindre les escortes. 

- Un travail dans la sécurité privée?

- Oui, dans une entreprise qui s’appelle l’UNP, Unidad Nacional de Protección. 

- Je comprends. C’est parce que tu ne veux pas te séparer de ton arme? Ou parce que les Farc ont peur des groupes paramilitaires?

- Non non, c’est qu’il va falloir protéger ceux qui vont devenir politiciens dans toutes les régions du territoire colombien.

- Absolument. Tout le monde va bien à la Plancha? 

- Oui!»

Deison, l’un des guérilleros photographiés il y a un an à la Plancha, le point de transition du département d’Antioquia situé au nord de Medellin, est encore là-bas. Via Telegram, il raconte une partie de sa vie d’aujourd’hui et de ses projets:

«Salut Deison, comment vas-tu?
- Salut! Ça va. Que racontes-tu? Où es-tu?
- Je suis en France actuellement. J’ai une question, que fais-tu en ce moment? Tu es toujours sur le point de transition?
- Oui, toujours en train d’étudier. Je valide le baccalauréat.
- C’est bien! Où étudies-tu?
- Au même endroit, à la Plancha.
- Et tu peux sortir du point de transition? Pour voir ta famille, par exemple?
- Oui clairement! On a plus de liberté maintenant. Tout le monde peut bouger où il veut dans le pays. La seule peur que nous avons, ce sont les groupes paramilitaires, qui sont plus forts que jamais.
- Ils sont puissants? Toi, tu as eu la possibilité de voir ta famille? 
- Oui clairement, j’y vais souvent.
- Cool! Et que veux-tu faire après le bac?
- Je ne veux pas continuer à étudier. Dans les accords, on parlait de groupes de sécurité. Donc je vais rejoindre les escortes. 
- Un travail dans la sécurité privée?
- Oui, dans une entreprise qui s’appelle l’UNP, Unidad Nacional de Protección. 
- Je comprends. C’est parce que tu ne veux pas te séparer de ton arme? Ou parce que les Farc ont peur des groupes paramilitaires?
- Non non, c’est qu’il va falloir protéger ceux qui vont devenir politiciens dans toutes les régions du territoire colombien.
- Absolument. Tout le monde va bien à la Plancha? 
- Oui!»
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