Tu tires ou tu pointes? Instants de vie chez les boulistes bruxellois

Tu tires ou tu pointes? Instants de vie chez les boulistes bruxellois

Le photographe Matthieu Cauchy a passé un an avec les boulistes du club situé en bas de chez lui, le Silence Pétanque Club Bruxelles. Pour y photographier la vie, et non le jeu, il a choisi d'articuler son travail autour des objets du lieu, des instants qui rythment ce microcosme. «Avec la répétition des rituels qui prenaient place chaque semaine, je m'inscrivais dans une démarche photographique lente où chaque détail et variation portait en soi une avancée narrative significative au jour le jour.»

«J'ai voulu commencer ma série par un moment un peu spécial. Patrick, le président du club, effectue une “déclamation”, c'est-à-dire qu'il annonce la composition des équipes. Se joue alors une vraie scène de théâtre. Chemise ouverte, le verbe rauque, Patrick joue parfaitement son rôle d'organisateur. Autour de lui, les deux joueurs symbolisent l'auditoire commun à tout spectacle. Le joueur de gauche va poser son verre vide et sortir ses boules de son petit sac gris, alors qu'à droite, le joueur découvre les combinaisons des équipes. On peut aussi voir au premier plan, un cercle de positionnement destiné à lancer la boule et, derrière Patrick, les terrains de jeu qui vont se remplir dans quelques minutes.»
Matthieu Cauchy

«J'ai voulu commencer ma série par un moment un peu spécial. Patrick, le président du club, effectue une déclamation, c'est-à-dire qu'il annonce la composition des équipes. Se joue alors une vraie scène de théâtre. Chemise ouverte, le verbe rauque, Patrick joue parfaitement son rôle d'organisateur. Autour de lui, les deux joueurs symbolisent l'auditoire commun à tout spectacle. Le joueur de gauche va poser son verre vide et sortir ses boules de son petit sac gris, alors qu'à droite, le joueur découvre les combinaisons des équipes. On peut aussi voir au premier plan, un cercle de positionnement destiné à lancer la boule et, derrière Patrick, les terrains de jeu qui vont se remplir dans quelques minutes.»

«Le geste, répété mille fois, ne cesse de s'améliorer. Le jeu a un aspect performatif très important pour moi, c’est ce que j'ai voulu montrer ici. Il qualifie le geste de la bouliste et le raccroche à un imaginaire beaucoup plus large (les gestes dans la danse par exemple).»
Matthieu Cauchy

«Le geste, répété mille fois, ne cesse de s'améliorer. Le jeu a un aspect performatif très important pour moi, c’est ce que j'ai voulu montrer ici. Il qualifie le geste de la bouliste et le raccroche à un imaginaire beaucoup plus large (les gestes dans la danse par exemple).»

«Cette image parle du jeu. On ne sait plus vraiment où nous sommes. La tête de la personne a été coupée. On pourrait être dans un casino, au milieu d'une partie de poker. La bague en or, entre kitsch et prestige, et les boules comme des jetons surdimensionnés. Le set de table en papier avec une publicité pour la bière dessus souligne à quel point la publicité est omniprésente dans les espaces de jeu.»
Matthieu Cauchy

«Cette image parle du jeu. On ne sait plus vraiment où nous sommes. La tête de la personne a été coupée. On pourrait être dans un casino, au milieu d'une partie de poker. La bague en or, entre kitsch et prestige, et les boules comme des jetons surdimensionnés. Le set de table en papier avec une publicité pour la bière dessus souligne à quel point la publicité est omniprésente dans les espaces de jeu.»

«J'adore le décalage qui existe entre l'intensité dramatique d'une bataille navale dans sa représentation jaunie par le temps, et la légèreté des cercles de jeu d'un club de boules, le tout sous l'éclat brut du néon. La peinture a été réalisée par un habitué du club. Cette composition est unique, au même titre que ce club de pétanque. D'ailleurs, l'inscription en haut à gauche du cliché n'indique-t-elle pas: “La maison n'a pas de succursale”?»
Matthieu Cauchy

«J'adore le décalage qui existe entre l'intensité dramatique d'une bataille navale dans sa représentation jaunie par le temps, et la légèreté des cercles de jeu d'un club de boules, le tout sous l'éclat brut du néon. La peinture a été réalisée par un habitué du club. Cette composition est unique, au même titre que ce club de pétanque. D'ailleurs, l'inscription en haut à gauche du cliché n'indique-t-elle pas: La maison n'a pas de succursale

«Il est temps de débuter le jeu. L'horloge Jupiler, au-dessus du bar, indique 9h30. J'aime sa fonction informative, qui indique la temporalité, l'habitude qui structure cet espace, mais surtout la relation graphique (le cercle rouge) qu'entretient l'objet avec les cercles rouges de positionnement au sol. C'est le mécanisme de pensée que j'essaie de mettre en place pour assembler mes photos en série: rapprocher deux éléments qui n'ont aucun lien entre eux en apparence.»
Matthieu Cauchy

«Il est temps de débuter le jeu. L'horloge Jupiler, au-dessus du bar, indique 9h30. J'aime sa fonction informative, qui indique la temporalité, l'habitude qui structure cet espace, mais surtout la relation graphique (le cercle rouge) qu'entretient l'objet avec les cercles rouges de positionnement au sol. C'est le mécanisme de pensée que j'essaie de mettre en place pour assembler mes photos en série: rapprocher deux éléments qui n'ont aucun lien entre eux en apparence.»

«Le cercle de jeu est accroché au mur malgré son défaut apparent: il est brisé. Cet élément transformé indique, dans le quotidien du club, une rupture qui transforme le récit. Ce cercle m'a beaucoup aidé à travailler l'idée d'espace de jeu. Finalement, ce club est d'abord un espace de jeu photographique et social. Il y a aussi rupture et transformation dans l'espace social. La photographie vient fixer cette brisure. Le chiffre 7, c'est le nombre de jours de la semaine. La photo associe deux éléments contradictoires: la rupture et la répétition.»
Matthieu Cauchy

«Le cercle de jeu est accroché au mur malgré son défaut apparent: il est brisé. Cet élément transformé indique, dans le quotidien du club, une rupture qui transforme le récit. Ce cercle m'a beaucoup aidé à travailler l'idée d'espace de jeu. Finalement, ce club est d'abord un espace de jeu photographique et social. Il y a aussi rupture et transformation dans l'espace social. La photographie vient fixer cette brisure. Le chiffre 7, c'est le nombre de jours de la semaine. La photo associe deux éléments contradictoires: la rupture et la répétition.»

«Fausses fleurs, mistral... tout l'imaginaire des boulistes est ici. Mais nous sommes en Belgique et c'est ce décalage qui me plaît dans cette image.»
Matthieu Cauchy

«Fausses fleurs, mistral... tout l'imaginaire des boulistes est ici. Mais nous sommes en Belgique et c'est ce décalage qui me plaît dans cette image.»

«J'aime beaucoup la posture de ce couple. Il y avait beaucoup de moments d'intimité entre eux et je suis très heureux d'avoir réussi à capter celui-là. La préparation est faite avec minutie, avec sérieux. Les deux personnages se prêtent au jeu, c'est cela qui donne au concours toute sa valeur.»
Matthieu Cauchy

«J'aime beaucoup la posture de ce couple. Il y avait beaucoup de moments d'intimité entre eux et je suis très heureux d'avoir réussi à capter celui-là. La préparation est faite avec minutie, avec sérieux. Les deux personnages se prêtent au jeu, c'est cela qui donne au concours toute sa valeur.»

«Ce type de plateau en inox est normalement rempli de médicaments et de déjeuners réchauffés, dans les maisons de retraite ou les hôpitaux. Ici, c'est l'inverse, il est couvert de kirs à distribuer. Véronique, la femme de Patrick, remplit les verres. On aperçoit encore ici, la forme de cercles rouges.»
Matthieu Cauchy

«Ce type de plateau en inox est normalement rempli de médicaments et de déjeuners réchauffés, dans les maisons de retraite ou les hôpitaux. Ici, c'est l'inverse, il est couvert de kirs à distribuer. Véronique, la femme de Patrick, remplit les verres. On aperçoit encore ici, la forme de cercles rouges.»

«Véronique met à jour le noms des équipes durant le jeu. J'adore les noms utilisés: “CARAMBOUL A”, “ELITE B”, “LE PARADIS B”. Ça renforce l'aspect théâtral et créatif de ce lieu où il est possible de choisir la dénomination de son équipe.»
Matthieu Cauchy

«Véronique met à jour le noms des équipes durant le jeu. J'adore les noms utilisés: CARAMBOUL A, ELITE B, LE PARADIS B. Ça renforce l'aspect théâtral et créatif de ce lieu où il est possible de choisir la dénomination de son équipe.»

Une semaine dans le monde en 7 photos, du 25 juin au 1er juillet 2022
Grand Format

Une semaine dans le monde en 7 photos, du 25 juin au 1er juillet 2022

Une semaine dans le monde en 7 photos, du 18 au 24 juin 2022
Grand Format

Une semaine dans le monde en 7 photos, du 18 au 24 juin 2022

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio