L'exil doré des Rolling Stones vu par Dominique Tarlé
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L'exil doré des Rolling Stones vu par Dominique Tarlé

Après Mai-68, Dominique Tarlé, jeune photographe français passionné de rock, se rend à Londres pour rencontrer les nouveaux musiciens émergents.

«Je les suivais pendant les balances, leurs pauses, la bière qu'ils allaient boire après, etc. J'ai d'abord connu les Beatles, qui m'ont ensuite présenté aux Rolling Stones. Je les ai suivis pendant leurs concerts à Londres puis Bianca [la compagne de Mick Jagger, NDLR] m'a annoncé que tous les membres partaient en exil fiscal dans le sud de la France pour enregistrer leur prochain album. Je les ai rejoints en 1971.» 

Au départ, le photographe ne devait rester qu'une après-midi à la villa Nellcôte, louée par Keith Richards à Villefranche-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes. Armé d'un Nikon 24-36 et de deux optiques 35mm et 85mm, il y restera six mois:

«Ce qui m’intéresse, c'est de voir les gens dans l’évolution d’une situation et raconter une histoire de A jusqu’à Z.»

Alors que l'on célèbre le cinquantenaire du premier album des Stones, une partie du travail de Dominique Tarlé est exposée dans le cadre du 11e Festival Livres et Musiques de Deauville du 18 avril au 11 mai. À cette occasion, il commente pour Slate une sélection de clichés emblématiques de l'enregistrement d'Exile on Main St.


	Telecaster (de gauche à droite: la compagne de Keith Richards Anita Pallenberg, Keith Richards, le musicien de country-rock Gram Parsons et sa future femme Gretchen Burrell | «Sexe, drogue et rock'n'roll... Sexe: franchement, j’ai pas vu passer grand-chose. Drogue: pas plus que d’habitude. Rock'n'roll: oui, à fond la caisse toute la journée et toute la nuit!» C'est à peu près en ces termes qu'Anita Pallenberg résume, dans Exile (ouvrage aujourd'hui épuisé), la vie dans la villa. «Les Rolling Stones jouent de la musique toute la journée, ce sont des hyperactifs», complète Dominique Tarlé. «Keith, c’est un type qui joue et chante tout le temps. C’est comme un sportif de haut niveau qui a besoin de s’entraîner cinq, six, sept heures par jour.»
Dominique Tarlé / Galerie de l'Instant

Telecaster (de gauche à droite: la compagne de Keith Richards Anita Pallenberg, Keith Richards, le musicien de country-rock Gram Parsons et sa future femme Gretchen Burrell | «Sexe, drogue et rock'n'roll... Sexe: franchement, j’ai pas vu passer grand-chose. Drogue: pas plus que d’habitude. Rock'n'roll: oui, à fond la caisse toute la journée et toute la nuit!» C'est à peu près en ces termes qu'Anita Pallenberg résume, dans Exile (ouvrage aujourd'hui épuisé), la vie dans la villa. «Les Rolling Stones jouent de la musique toute la journée, ce sont des hyperactifs», complète Dominique Tarlé. «Keith, c’est un type qui joue et chante tout le temps. C’est comme un sportif de haut niveau qui a besoin de s’entraîner cinq, six, sept heures par jour.»


	Joconde | La démarche photographique de Dominque Tarlé consiste à se rendre «invisible». «Si vous vous immobilisez, les gens vous ignorent. Si vous restez dans une pièce et ne dites rien pendant dix minutes, ils continuent à mener leur vie et ne s’occupent pas de vous. Keith disait de moi que j'étais tellement discret que j'aurais été un double rideau ou une table basse, ça aurait été pareil. C'est le plus grand compliment qu’on puisse me faire. En fait, j'ai toujours été un photographe contemplatif et non un photographe créatif.»
Dominique Tarlé / Galerie de l'Instant

Joconde | La démarche photographique de Dominque Tarlé consiste à se rendre «invisible». «Si vous vous immobilisez, les gens vous ignorent. Si vous restez dans une pièce et ne dites rien pendant dix minutes, ils continuent à mener leur vie et ne s’occupent pas de vous. Keith disait de moi que j'étais tellement discret que j'aurais été un double rideau ou une table basse, ça aurait été pareil. C'est le plus grand compliment qu’on puisse me faire. En fait, j'ai toujours été un photographe contemplatif et non un photographe créatif.»


	Cannes | «Pendant le Festival de Cannes, Keith, Anita Pallenberg et leur fils Marlon ressortent d'une projection. Il y a énormément de monde et la limousine qui doit prendre la famille n'est pas là. Ils savent très bien que tant qu'ils continuent à bouger, la foule ne viendra pas vers eux. Ils sont tellement habitués à la foule qu'ils ont des réactions qui leur permettent de gérer ces moments-là.»
Dominique Tarlé / Galerie de l'Instant

Cannes«Pendant le Festival de Cannes, Keith, Anita Pallenberg et leur fils Marlon ressortent d'une projection. Il y a énormément de monde et la limousine qui doit prendre la famille n'est pas là. Ils savent très bien que tant qu'ils continuent à bouger, la foule ne viendra pas vers eux. Ils sont tellement habitués à la foule qu'ils ont des réactions qui leur permettent de gérer ces moments-là.»


	Mick Jagger sur une Honda | L'enregistrement d'Exile on Main St. a eu lieu en deux temps. Si Mick Jagger a pris en main la finalisation du disque à Los Angeles, il a été plus discret pendant la période française. «Les Stones ont sorti un album qui s’appelle Dirty Work, et chez eux c’est Mick qui se tape le sale boulot», explique Dominique Tarlé. «Le groupe est alors exilé fiscalement et a changé son entourage professionnel: il a abandonné sa maison de disque Decca, viré son manager Allen Klein. Mick travaille sur la nouvelle structure économique: il faut voir les avocats, quasiment négocier un contrat par pays... En plus, il vient de se marier à Saint-Tropez avec Bianca, qui est enceinte.»
Dominique Tarlé / Galerie de l'Instant

Mick Jagger sur une Honda | L'enregistrement d'Exile on Main St. a eu lieu en deux temps. Si Mick Jagger a pris en main la finalisation du disque à Los Angeles, il a été plus discret pendant la période française. «Les Stones ont sorti un album qui s’appelle Dirty Work, et chez eux c’est Mick qui se tape le sale boulot», explique Dominique Tarlé. «Le groupe est alors exilé fiscalement et a changé son entourage professionnel: il a abandonné sa maison de disque Decca, viré son manager Allen Klein. Mick travaille sur la nouvelle structure économique: il faut voir les avocats, quasiment négocier un contrat par pays... En plus, il vient de se marier à Saint-Tropez avec Bianca, qui est enceinte.»


	Salle à manger | «On ne voit que Mick et Keith, mais en fait, Gram Parsons est hors-champ en train de chanter. Mick passe, s’installe et se dit: "Qu’est ce que c’est que ce merdier?". Ce qui se passe musicalement et artistiquement entre Keith et Gram à ce moment-là est extraordinaire, mais Mick se sent complétement exclu. Gram voulait que Keith produise son album solo chez Rolling Stones Records, et ça lui foutait une trouille d'enfer.» Un projet qui ne s'est jamais concrétisé, même si Gram Parsons a ensuite enregistré deux magnifiques albums solo sur un autre label avant de mourir d'une overdose en 1973, à l'âge de 26 ans. «Je regrette que Gram n’ait pas eu le temps d’aller au bout de ses idées musicales. Pour les avoir vus jouer et chanter ensemble tous les jours, je n’ai jamais entendu quelque chose d’équivalent, ni avant ni après.»
Dominique Tarlé / Galerie de l'Instant

Salle à manger «On ne voit que Mick et Keith, mais en fait, Gram Parsons est hors-champ en train de chanter. Mick passe, s’installe et se dit: "Qu’est ce que c’est que ce merdier?". Ce qui se passe musicalement et artistiquement entre Keith et Gram à ce moment-là est extraordinaire, mais Mick se sent complétement exclu. Gram voulait que Keith produise son album solo chez Rolling Stones Records, et ça lui foutait une trouille d'enfer.» Un projet qui ne s'est jamais concrétisé, même si Gram Parsons a ensuite enregistré deux magnifiques albums solo sur un autre label avant de mourir d'une overdose en 1973, à l'âge de 26 ans. «Je regrette que Gram n’ait pas eu le temps d’aller au bout de ses idées musicales. Pour les avoir vus jouer et chanter ensemble tous les jours, je n’ai jamais entendu quelque chose d’équivalent, ni avant ni après.»


	Mick | Selon Dominique Tarlé, ces tensions autour de la présence de Gram Parsons expliquent aussi la décision de chercher rapidement un endroit pour enregistrer. «Ils ont décidé de le faire dans les sous-sol de la villa Nellcôte. A l'origine, c'était l'emplacement d’une batterie de canons qui défendait Villefranche. La partie immergée a été rasée pour contruire la villa, mais les trois étages de caves gigantesques dessous, là où les hommes dormaient, mangeaient et où on stockait le matériel, ont été conservés. On allait d'une cave à une autre pour jouer du rock, du blues, etc, en fonction de l'acoustique.»
 Dominique Tarlé / Galerie de l'Instant

Mick | Selon Dominique Tarlé, ces tensions autour de la présence de Gram Parsons expliquent aussi la décision de chercher rapidement un endroit pour enregistrer. «Ils ont décidé de le faire dans les sous-sol de la villa Nellcôte. A l'origine, c'était l'emplacement d’une batterie de canons qui défendait Villefranche. La partie immergée a été rasée pour contruire la villa, mais les trois étages de caves gigantesques dessous, là où les hommes dormaient, mangeaient et où on stockait le matériel, ont été conservés. On allait d'une cave à une autre pour jouer du rock, du blues, etc, en fonction de l'acoustique.»


	Taylor | Exile on Main St. est le troisième album studio des Stones sur lequel joue le jeune guitariste surdoué Mick Taylor, embauché en 1969 pour remplacer Brian Jones. On y trouve Ventilator Blues, la seule chanson du groupe pour laquelle il a été cocrédité comme compositeur avec le tandem Jagger/Richards. «Mick Taylor, c’est quelqu’un qui passe beaucoup de temps chez lui à écouter les grands bluesmen et à jouer ce qu’il écoute. Il n'est pas passionné par le soleil et la nature: il préfère être chez lui à écouter de la musique et à jouer.»
Dominique Tarlé / Galerie de l'Instant

Taylor | Exile on Main St. est le troisième album studio des Stones sur lequel joue le jeune guitariste surdoué Mick Taylor, embauché en 1969 pour remplacer Brian Jones. On y trouve Ventilator Blues, la seule chanson du groupe pour laquelle il a été cocrédité comme compositeur avec le tandem Jagger/Richards. «Mick Taylor, c’est quelqu’un qui passe beaucoup de temps chez lui à écouter les grands bluesmen et à jouer ce qu’il écoute. Il n'est pas passionné par le soleil et la nature: il préfère être chez lui à écouter de la musique et à jouer.»


	Bill Wyman | «J’ai eu un excellent contact avec Bill Wyman», le bassiste des Stones, explique Dominique Tarlé. «C’est un gars qui est passionné par mille et une choses. Là, installé dans le sud de la France, il s’achète un télescope pour pouvoir regarder les étoiles la nuit. C’est aussi quelqu’un qui dessine et fait des animations avec une petite caméra, qui se balade pendant des heures à la découverte des insectes dans sa propriété...» Tout en ayant un rôle substantiel dans la création des chansons: «Keith arrivait le soir avec juste deux ou trois accords en tête et un rythme, qu'il jouait au batteur Charlie Watts et à Bill Wyman. Si l'un des deux se levait pour aller dans la cuisine se prendre une bière ou se griller une clope, ça voulait dire "Non, je ne jouerai pas dessus." Leur relation de musiciens était non-verbale.»
 Dominique Tarlé / Galerie de l'Instant

Bill Wyman | «J’ai eu un excellent contact avec Bill Wyman», le bassiste des Stones, explique Dominique Tarlé. «C’est un gars qui est passionné par mille et une choses. Là, installé dans le sud de la France, il s’achète un télescope pour pouvoir regarder les étoiles la nuit. C’est aussi quelqu’un qui dessine et fait des animations avec une petite caméra, qui se balade pendant des heures à la découverte des insectes dans sa propriété...» Tout en ayant un rôle substantiel dans la création des chansons: «Keith arrivait le soir avec juste deux ou trois accords en tête et un rythme, qu'il jouait au batteur Charlie Watts et à Bill Wyman. Si l'un des deux se levait pour aller dans la cuisine se prendre une bière ou se griller une clope, ça voulait dire "Non, je ne jouerai pas dessus." Leur relation de musiciens était non-verbale.»


	Happy Keith | «La vie familiale est quelque chose de très important pour Keith. Elle a d'ailleurs parfois été un refuge au bon moment. Ce personnage qui était considéré comme une des personnes les plus dangereuses que l’on puisse rencontrer à la fin des années 1960 ou au début des années 1970, de par son mode de vie, se levait tous les matins à 7h30 pour s'occuper de son fils d'un an et demi, le faire manger, lui faire sa toilette, le préparer pour les balades matinales ou l'emmener voir un spectacle de Guignol. Mais comme les enregistrements ont eu lieu chez lui, sa vie professionnelle et privée se téléscopaient parfois, et ça a été dur.»
Dominique Tarlé / Galerie de l'Instant

Happy Keith«La vie familiale est quelque chose de très important pour Keith. Elle a d'ailleurs parfois été un refuge au bon moment. Ce personnage qui était considéré comme une des personnes les plus dangereuses que l’on puisse rencontrer à la fin des années 1960 ou au début des années 1970, de par son mode de vie, se levait tous les matins à 7h30 pour s'occuper de son fils d'un an et demi, le faire manger, lui faire sa toilette, le préparer pour les balades matinales ou l'emmener voir un spectacle de Guignol. Mais comme les enregistrements ont eu lieu chez lui, sa vie professionnelle et privée se téléscopaient parfois, et ça a été dur.»


	Mick, Jack et les guitares | «Il y avait toujours plein de gosses à la maison. Keith souhaitait que son fils ait une vie sociale avec d’autres enfants d'à peu près son âge, il invitait donc des copains qui eux aussi avaient des enfants.» Ici, on voit Jack Weber, le fils d'un ami du groupe, n'arrivant pas à dormir une nuit et rejoignant les Stones dans les caves. «Bien plus tard, lorsque j'ai réalisé le documentaire Stones in Exile sur la tournée américaine de 1972 qui a suivi l'enregistrement de cet album, j'ai interviewé Jack. Je voulais savoir s'il était conscient à l'époque de la quantité de drogue qu’il y avait à la villa Nellcôte. Il m'a répondu: "Oui évidemment, c’est mon père qui l’avait ramenée!".»
Dominique Tarlé / Galerie de l'Instant

Mick, Jack et les guitares | «Il y avait toujours plein de gosses à la maison. Keith souhaitait que son fils ait une vie sociale avec d’autres enfants d'à peu près son âge, il invitait donc des copains qui eux aussi avaient des enfants.» Ici, on voit Jack Weber, le fils d'un ami du groupe, n'arrivant pas à dormir une nuit et rejoignant les Stones dans les caves. «Bien plus tard, lorsque j'ai réalisé le documentaire Stones in Exile sur la tournée américaine de 1972 qui a suivi l'enregistrement de cet album, j'ai interviewé Jack. Je voulais savoir s'il était conscient à l'époque de la quantité de drogue qu’il y avait à la villa Nellcôte. Il m'a répondu: "Oui évidemment, c’est mon père qui l’avait ramenée!".»


	Cartons | «Il n'y a pas très longtemps, un homme a appelé la galerie: c'était le livreur de Warner Bros. qui avait amené un jour une chaîne stéréo à Keith, dans ces cartons que l'on voit. Les cartons à peine déposés au milieu du grand salon, Keith s’est précipité dessus avec un couteau de chasse et a commencé à les éventrer dans tous les sens. Le livreur m'a raconté s'être dit: "C’est pas possible qu’il n’y ait qu’une chaîne stéréo dans ces cartons!". Keith a ensuite essayé de monter la chaîne et s'est perdu dans les fils jusqu'à ce que Mick arrive et lui lance: "Si on veut entendre de la musique ce soir, on a intérêt à la faire nous-mêmes!"»
Dominique Tarlé / Galerie de l'Instant

Cartons «Il n'y a pas très longtemps, un homme a appelé la galerie: c'était le livreur de Warner Bros. qui avait amené un jour une chaîne stéréo à Keith, dans ces cartons que l'on voit. Les cartons à peine déposés au milieu du grand salon, Keith s’est précipité dessus avec un couteau de chasse et a commencé à les éventrer dans tous les sens. Le livreur m'a raconté s'être dit: "C’est pas possible qu’il n’y ait qu’une chaîne stéréo dans ces cartons!". Keith a ensuite essayé de monter la chaîne et s'est perdu dans les fils jusqu'à ce que Mick arrive et lui lance: "Si on veut entendre de la musique ce soir, on a intérêt à la faire nous-mêmes!"»


	Brown Sugar | Dominique Tarlé n'a développé aucun de ses films jusqu'à la fin de son séjour dans la villa Nellcôte. «J’étais venu pour une après-midi uniquement. J’avais un Nikon et une brosse à dent. Keith m'a donc donné des pantalons et des t-shirt. Des fois, il me demandait si j’avais encore du film. Il me filait une poignée de francs et me disait en riant: "Prends la limousine et va te chercher des films à Nice ou à Cannes. Un photographe qui n’a pas de films, ça ne sert à rien. Mais enfin, c’est quand même la première fois que je paye pour être photographié!"»
Dominique Tarlé / Galerie de l'Instant

Brown Sugar | Dominique Tarlé n'a développé aucun de ses films jusqu'à la fin de son séjour dans la villa Nellcôte. «J’étais venu pour une après-midi uniquement. J’avais un Nikon et une brosse à dent. Keith m'a donc donné des pantalons et des t-shirt. Des fois, il me demandait si j’avais encore du film. Il me filait une poignée de francs et me disait en riant: "Prends la limousine et va te chercher des films à Nice ou à Cannes. Un photographe qui n’a pas de films, ça ne sert à rien. Mais enfin, c’est quand même la première fois que je paye pour être photographié!"»


	Knocking | «Un journaliste anglais m’avait dit pour rire que rester six mois à la villa, c'était un peu comme être pris en otage par Keith Richards... Il n'avait pas tort! Keith, c'est quelqu'un qui aime bien avoir son petit monde autour de lui, il est beaucoup plus sociable qu’on ne pourrait l’imaginer. Sur cette photographie, il est en train de s'apercevoir qu'un de ses copains qu'il a invité à la villa est en train d'essayer de s'échapper. Il le voit et tente de le rattraper. Il a fait pareil avec moi, pour quitter Nellcôte, ça m'a pris trois semaines... J'ai été forcé d'aller planquer mes affaires dans une espèce de jardin tropical de la villa, la nuit. La journée, quand il me voyait partir discrètement, il me retenait pour me faire écouter un nouveau morceau.»
Dominique Tarlé / Galerie de l'Instant

Knocking | «Un journaliste anglais m’avait dit pour rire que rester six mois à la villa, c'était un peu comme être pris en otage par Keith Richards... Il n'avait pas tort! Keith, c'est quelqu'un qui aime bien avoir son petit monde autour de lui, il est beaucoup plus sociable qu’on ne pourrait l’imaginer. Sur cette photographie, il est en train de s'apercevoir qu'un de ses copains qu'il a invité à la villa est en train d'essayer de s'échapper. Il le voit et tente de le rattraper. Il a fait pareil avec moi, pour quitter Nellcôte, ça m'a pris trois semaines... J'ai été forcé d'aller planquer mes affaires dans une espèce de jardin tropical de la villa, la nuit. La journée, quand il me voyait partir discrètement, il me retenait pour me faire écouter un nouveau morceau.»

Fanny Arlandis

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

Jean-Marie Pottier

Jean-Marie Pottier Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).

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